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Séminaire de recherche / Quelle actualité pour la « critique institutionnelle » aujourd’hui ? / 2012 - 2013

dernière mise à jour : 28/05/2013

Séminaire organisé par Katia Schneller et Vanessa Théodoropoulou, membres associés de l’HiCSA

en collaboration avecl'ESBA Talm, l'ESAD Grenoble-Valance et l'ESA de Cambrai
 

Au cours de l’année 2012, le cycle « Quelle actualité pour les années 1960-1970 dans l’art actuel ? » portait sur la convocation explicite ou implicite de la charge politique de ces deux décennies dans la création contemporaine. Poursuivant cette réflexion, le séminaire de cette année interrogera plus spécifiquement l’actualité de la catégorie d’art critique désormais canonisée sous l’appellation de « critique institutionnelle ». Associée dans les années 1960 et 1970 à la critique -depuis l'intérieur- de l’institution muséale et ses codes de représentation, les discours qu'elle véhicule et normalise (Broodthaers, Buren, Kaprow, Haacke) ainsi qu'à la mise en cause d'une certaine institutionnalisation de l'art et de son histoire (I. S., Fluxus), la « critique institutionnelle » prit dans les décennies suivantes d'autres formes, incluant des sujets tels les espaces et conditions d'exposition, les modalités de circulation des œuvres, ou la place attribuée au public (Martha Rosler, Andrea Fraser, Group Material). Fin des années 1980, le soupçon d'une « institutionnalisation de la critique » met en cause le potentiel véritablement critique d'un art contemporain véhiculant des contenus ou utilisant des stratégies en apparence anti-hégémoniques, mais en réalité tout à fait réconcilié avec l'institution. Peut-on encore aujourd'hui parler de critique institutionnelle? Et si oui, quelles sont ses objets, quelles formes ou discours alternatifs est-ce qu'elle entreprend ?
Il s’agira tout d’abord de tenter de clarifier ce que l’on entend aujourd’hui par « institution » dans le domaine de l'art, et par la suite d’enquêter sur les différentes expressions que prend aujourd’hui sa critique, de la production de récits historiographiques défiant le récit officiel, à la mise en place d’« institutions alternatives » pour contrecarrer celles de l’ordre établi.

Nous nous intéresserons ainsi aux artistes qui comme Walid Raad tentent d'examiner les nouvelles infrastructures de l'art et ce qu'elles véhiculent (Scratching on Things I Could Disavow: A History of Art in the Arab World, depuis 2007), ou à des collectifs tels que The Yes Men, qui renouvellent les « stratégies de parasitage » de Daniel Buren ou Hans Haacke, en mettant en place un appareillage fictif qui s’infiltre et « clone » le système afin de le faire imploser de l'intérieur. On se penchera sur les « pseudo-institutions » (mockinstitutions) répertoriés et étudiés par Gregory Sholette dans son ouvrage Dark Matter (2011), ainsi que sur les écoles et universités alternatives comme la Copenhagen Free University ou l’école erratique de François Deck. Cela sera aussi l’occasion de revenir sur des entreprises plus anciennes comme la Compagnie de l’art brut créée par Jean Dubuffet en 1948 et d’étudier leur institutionnalisation aujourd’hui avec par exemple l’ouverture du LAM, mais aussi de réfléchir sur l’usage des cultures extra-européennes, subalternes et minoritaires dans la création actuelle, pour créer des « histoires autres », comme chez Jeremy Deller ou Renée Green.

Chaque séance s’articulera autour de l’étude de cas actuels présentée par un invité, ouvrant sur une discussion collective. Organisé en partenariat avec l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne (Centre de recherche hiCSA), l’Ecole supérieure d’art et de design – Grenoble – Valence et l’Ecole supérieure des beaux-arts de Tours-Angers-Le Mans, ce séminaire vise à offrir un point de rencontre entre la recherche qui se développe à l’université et en école d’art. Il s’inscrit dans le projet de recherche « Fabriques de l’art, fabriques de l’histoire de l’art », financé par le Ministère de la Culture, dont il vise à préparer le colloque de clôture qui aura lieu en 2014.

Les séances auront lieu les vendredis dans la salle AVD (133, INHA) de 16h00 à 18h00.

Programme

30 novembre 2012 / Séance de définition de l'appellation "Critique institutionnelle"
14 décembre 2012 / Séance consacrée à l'Ecole Erratique, présentée par l'artiste François Deck
25 janvier 2013 / Séance consacrée à l'exposition du Plateau Les fleurs américaines, présentée par les commissaires d'exposition Elodie Royer et Yoann Gourmel
29 mars 2013 / Séance consacrée au travail de Walid Raad

5 avril 2013 / Séance consacrée aux débats engendrés par la production de l'histoire de l'art contemporain en Inde.
10 mai 2013 / Séance consacrée aux problèmes que soulèvent la présentation des collections d'art brut au LAM de Villeneuve-d'Ascq, présentée par Christophe Boulanger (Attaché de conservation pour l'art brut au LAM), Savine Faupin (Conservatrice pour l'art brut au LAM) et Anne Boissière (Professeure d'esthétique à l'Université de Lille 3)
24 mai 2013 / Séance de conclusion.

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