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Séminaire doctoral / Les processus créatifs 2011 - 2012

dernière mise à jour : 31/10/2012

Séminaire doctoral 2011-2012 

« Les processus créatifs »


Expériences, représentations et significations 
de la production de l’œuvre d’art au vingtième siècle

Organisateurs : Emilie Bouvard et Hugo Daniel, doctorants en histoire de l’art à l’université de Paris 1- Panthéon Sorbonne

Entre méconnaissance et représentations, les conditions et les modes de création artistiques font l’objet de nombreuses interrogations pour l’historien de l’art. Les modifications de la nature et du statut de l’œuvre d’art, de même que la redéfinition des rapports entre les pratiques artistiques au cours du vingtième siècle, et peut-être plus manifestement au tournant des années 1950-1960, soulignent l’importance de comprendre la création comme un processus.

Ce séminaire devra d’abord permettre de réfléchir sur les conditions de la production artistique en tant que telles. Il s’agira ainsi de s’interroger sur l’élaboration, matérielle ou immatérielle, de l’œuvre d’art, non pour entretenir ou asseoir les représentations qui leur sont associées mais pour en comprendre les ressorts, les variations, et en soulever les enjeux. On espère ainsi pouvoir préciser et complexifier les liens que l’on peut établir entre l’œuvre et ses marges. Les différentes réalités et logiques de la création (matérielles, relationnelles, psychiques, psychologiques,…), qui font l’objet de beaucoup de spéculations, pourront ainsi être abordées plus précisément.
 De nouvelles formes d’expression qui ont émergé dans la seconde moitié du vingtième siècle, comme la performance, l’art dit « processuel », l’art vidéo, laissent une place importante au contexte de production de l’œuvre, le discours et les alentours de l’œuvre participant, rétrospectivement ou directement, de son élaboration. 
Prenant acte de la place importante que les propos des artistes réservent au processus créatif pour éclairer leur travail, on pourra envisager les enjeux artistiques de la narration de l’acte créateur. Cette perspective ouvre aussi la possibilité de concevoir la notion d’œuvre d’art à partir d’un point de vue élargi. 

Dans un second temps, il s’agira de souligner que le processus créatif est un processus significatif. On observe en effet, surtout à partir des années 1950, des pratiques où la manière de produire importe autant que le résultat matériel, et doit être prise en compte dans la signification que l’on attribue à l’œuvre.
L’usage plus ou moins habile et précis de qualificatifs aux connotations psychologiques ou esthétiques (« art brut », « primitif », « art pauvre », « automatisme »…) pour rendre compte d’œuvres d’art dont la forme dérange les codes établis, renvoie ainsi  à des représentations de l’acte créateur. Il invite à s’interroger sur les enjeux contenus dans de telles représentations, où sont trop souvent confondus ce qui est donné à voir et ce qui est signifié.

Il s’agira donc, au cours d’une douzaine de séances auxquelles s’ajouteront des entretiens avec des artistes, d’introduire à un rapport critique aux processus créatifs.

Voir le programme ici.


Programme des séances 
2011-2012

Les séances auront lieu le jeudi de 18h00  à 20h00, salle Jullian à l’INHA (Passage Vivienne, Paris 2e )
. Elles s’organiseront autour de communications d’une heure et demie ou  de quarante-cinq minutes, selon le nombre d’intervenants.

13 octobre  2011 / Introduction et entretien avec Didier Semin

27 octobre 2011 / « Le Processus Créatif »
. Refusant à l’artiste « la faculté d’être pleinement conscient, sur le plan esthétique, de ce qu’il fait de pourquoi il le fait », Marcel Duchamp intègre le spectateur dans le processus de création de l’œuvre. Quelle fortune accorder à cette perspective qui démultiplie l’acte de création ? Quelle place réserver au processus créatif ainsi entendu dans la compréhension d’une œuvre ?

Intervenant : Benoît Buquet


10 novembre 2011 / L’esquisse
. Jouissant d’un statut ambigu, entre l’étude préparatoire par définition incomplète et le premier jet où l’on trouverait l’essentiel de l’œuvre, l’esquisse est un lieu commun dans la représentation du processus créatif et de son usage esthétique. L’esquisse a ainsi été valorisée à l’époque moderne comme le moment d’une expression « spontanée », gommant les frontières entre travail préparatoire et œuvre définitive. On pourra envisager aussi bien sa place dans le processus créatif, que les phénomènes associés à la représentation de ce processus, ou l’intérêt porté aux marges de l’œuvre.

Intervenants : Emmanuel Pernoud et Hugo Daniel



8 décembre 2011 / L’approche génétique : méthode et enjeux.
 L’approche génétique tant en histoire de l’art qu’en littérature a connu un fort essor ces dernières années. L’étude des « brouillons », notes et autres notules des écrivains peut-elle être transposée en histoire de l’art ? Que nous disent esquisses, travaux préparatoires, repentirs, titres peut-être, du processus créatif ? Que peut-on tirer de cette objectivisation du processus ?

Intervenants : Pierre-Marc De Biasi et Marguerite Vappereau



12 janvier 2012 / Pratiques de l’automatisme. Processus en son temps révolutionnaire, l’automatisme s’est généralisé. Depuis Les champs magnétiques, il s’est aussi diversifié dans ses moyens et ses enjeux esthétiques. Autant que l’idée même d’automatisme, identifiée à une forme d’avant-garde, ce sont ces pratiques dans leur diversité qui peuvent être interrogées. Entre le rêve d’une création spontanée, les moyens mis en place pour l’approcher et la reconstruction idéalisante de l’acte créateur, comment appréhender cette notion rebattue ?



Intervenant : Michel Murat, Professeur de Littérature Française à l’université de Paris IV-Sorbonne et enseignant au département Littérature et Langage (LILA) de l’Ecole Normale Supérieure, qui évoquera les "Fortunes et infortunes de l'automatisme surréaliste".

9 février 2012 / Improvisation. 
Notion associée prioritairement à des formes musicales, comme le jazz ou la composition contemporaine, l’improvisation est également abondamment sollicitée dans la danse, le théâtre, ou la performance, etc. Comment est négociée une certaine idée de hasard que l’improvisation introduit dans la création ? Que signifie son usage ? Que nous apprend-il sur l’acte créateur ?

5 avril 2011 / Dans les marges de la performance. 
La performance se donne comme acte et frappe par son apparente immédiateté gestuelle qui saisit le spectateur – ou tente de le faire. Pourtant, elle est aussi préparée, voire, comme l’a montré récemment Sophie Delpeux dans son livre Le Corps-caméra, prévue au sens fort : faite pour l’image, vidéo ou photographie pour lesquelles elle construit ses propres traces.

Intervenantes : Pauline Chevalier, historienne de l’art, maître de conférences en esthétique à l’université de Franche-Comté, « "Community Art as Life Process" : esthétique et politique de la performance entre New York et San Francisco (1959-1976) » et Emilie Bouvard, doctorante, Université Paris 1, conservatrice stagiaire, INP, « Les Scores de Carolee Schneemann ».

19 Avril 2012 / Création et psychisme. « Art psycho-pathologique », « art des fous », « primitivisme », « art brut », « art naïf » ; dans ce mythe prégnant au XXe siècle d’une origine pure de la création artistique chez l’individu dont l’existence à la marge aurait permis une créativité non souillée par la civilisation, qu’est-ce qui se dit de notre conception de la créativité artistique ? Et comment penser effectivement le processus créatif dans ces zones qui débordent l’art « officiel » ?

Intervenants : Barbara Safarova, directrice de programme au Collège International de Philosophie, présidente d’abcd-art brut, maître de conférences en esthétique et Béatrice Steiner, psychanalyste.

3 mai 2012 / L’étirement du processus. 
Il sera ici question du temps de l’œuvre, d’une œuvre qui visiblement prend son temps, s’inscrit dans une temporalité longue qui excède par nature l’attention toute concentrée soit-elle du spectateur. L’œuvre porte ici la marque d’un faire qui implique un certain temps. Ou bien en aval, elle est faite pour évoluer, se métamorphoser, voire pourrir et mourir. 



Intervenants : Camille Paulhan, doctorante, Université Paris 1, « Dans la cuisine du Eat-Art » et  Denys Riout, Professeur émérite, Université Paris 1, « Roman Opalka : le travail du temps ».

7 Mai 2012 / Conférence - Entretien avec la coopérative d’artistes Société Réaliste
Pour plus d’informations : http://www.societerealiste.net

31 mai 2012 / « Rater mieux »
. Cette séance sera centrée sur la faute et les usages peu orthodoxes des techniques. S’intéresser à la réception et aux usages de l’erreur permet d’envisager selon un angle volontairement biaisé l’introduction du hasard dans les processus créatifs. Entre la nécessaire distinction entre le convenable et le rebut dans l’élaboration d’une production et une méthode heuristique face à l’imprévu, quelle peut être la place de l’erreur, et en particulier de l’erreur technique dans le processus créatif ? Quelle fonction occupe le tri, et comment se décide-t-il ? Dans quelle mesure l’écart que l’erreur définit par rapport à une norme peut devenir le moteur d’une pratique, jusqu’à établir dans certains cas une poétique de la « foirade » ?

Intervenant : Philippe-Alain Michaud, conservateur au Musée national d’art moderne, responsable des collections cinématographiques, pour une réflexion sur l’erreur dans le film expérimental.

7 Juin 2012 / Conférence - Entretien avec Milène Guermont
Pour plus d’informations : http://www.mileneguermont.com

14 juin 2012 / Protocoles et photographie. 
Avant d’être pleinement reconnue comme un art, la photographie a été appréhendée comme une technique. Cette dimension ne saurait s’effacer complètement : il reste toujours une dimension liée au protocole dans la photographie, et certains photographes en font même un moteur et un élément signifiant dans leur production. Comment comprendre cet usage du protocole où la contrainte peut se faire signifiante et productive ? Que nous apprend-il de la relation entre processus et signification ?



Intervenant : Michel Poivert, Professeur, Université Paris 1, « Le protocole photographique et la planche contact : les archives Gilles Caron, approche et méthode heuristique au service d'une histoire du reportage ».

Contact : Emilie Bouvard (emiliebouvard@hotmail.fr) et Hugo Daniel (h.dan@hotmail.fr)
 

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