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Les Mardis de l'histoire / 2011-2012

dernière mise à jour : 13/12/2011

PROGRAMME
LES MARDIS DE L’HISTOIRE
Co-organisation : IRCAV (Paris 3) et CERHEC (Paris 1)
Séances de 17h à 20h

Les Mardis de l’histoire proposent cette année un programme de six séances animées par des membres des Centres de recherche autour de films tirés du catalogue de la cinémathèque universitaire, afin d’en valoriser le fonds en tant qu’outil d’échange pour la recherche.

 


           Les trois premières séances de l’IRCAV auront lieu dans la salle de la cinémathèque universitaire (salle 49, Paris 3, Centre Censier, métro : Censier-Daubenton), puis les trois dernières du CERHEC dans l’Auditorium et en salle Jullian de l’INHA (Galerie Colbert, 2, rue Vivienne, Paris 2ème, métro : Bourse, Pyramides, ou Palais royal).

18 octobre 2011 : Le dessin animé français sous l'Occupation : le cas des Gémeaux (Paul Grimault et André Sarrut)
Séance animée par Sébastien Roffat
Sous l'Occupation allemande, le gouvernement français a tenté de mettre en place une esthétique du dessin animé qui se tiendrait éloigné de celle devenue traditionnelle du cartoon : la promotion d'un art typiquement français. Jouant des divergences d'opinions tant allemande que française, le studio parisien des Gémeaux fondé en 1936 par Paul Grimault et André Sarrut propose une voie médiane ne reniant pas totalement l'héritage américain tout en proposant une esthétique et des scénarios novateurs. Peut-on pour autant réellement parler d'une école française du dessin animé née sous l'Occupation ? C'est à cette délicate question que l'on essaiera d'apporter des éléments de réponse à travers de la projection de certains dessins animés tournés par Paul Grimault sous l'Occupation mis en comparaison avec une autre production française se tenant plus du côté du cartoon.
Films : Les passagers de la grande ourse, L'épouvantail, Le voleur de paratonnerres de Paul Grimault et Cap'taine Sabord d'André Rigal.

15 novembre 2011 : Paris 1900 (1947) de Nicole Vedrès : peut-on faire de l'histoire en mettant en images l'histoire du cinéma ? 
Séance animée par Laurent Véray
Raconter l'histoire d'une partie du XXe siècle, à partir d'images d'archives glanées dans les stock-shots, tout en évoquant l'histoire du cinéma de cette période, ne date pas de Histoire(s) du cinéma (1998) de Jean-Luc Godard. Parmi les tentatives plus anciennes figure notamment Paris 1900 (1947) de Nicole Vedrès, un film pour lequel le jeune critique André Bazin parla de « cinéma pur », de « pureté déchirante jusqu'aux larmes ». À travers l'analyse des enjeux de ce « film de montage », comme on disait à l'époque, nous tenterons de voir comment le cinéma peut proposer une vision de l'histoire.

6 décembre 2011 : Ópera do Malandro (1986) de Ruy Guerra : une Guerre particulière
Séance animée par Beatriz Rodovalho
Basé sur le musical pour le théâtre « Ópera do Malandro » (1978) de Chico Buarque (à son tour basé sur des textes de John Gay et Bertolt Brecht), le film de Ruy Guerra construit un univers particulier du Brésil pendant la Seconde Guerre mondiale. Dans la bohème du Rio de Janeiro et sa morale fluide, il explore, en transitant par le pastiche, la comédie musicale et le drame, les tensions politiques et sociales de l’époque. La séance propose de discuter comment le film s’approprie et travaille les questions historiques dans l’espace national et établit des rapports avec son temps présent.

21 février 2012 : Je t’aime, je t’aime (1968) d’Alain Resnais, France, 35mm, 91 minutes.
Séance animée par Ophir Levy.

Le récit de Je t’aime, je t’aime prend la forme d’une mosaïque d’instants quelconques qui se succèdent ou se répètent de manière contingente. Cette structure morcelée du film, épousant les aléas de la conscience du personnage principal, paraît se situer hors de l’histoire (à l’image du héros prostré dans son cocon à remonter le temps). Mais Je t’aime, je t’aime offre peut-être un autre modèle narratif, du fait de sa boucle aléatoire et répétitive qui détraque l’écoulement du temps : celui d’un film restant en travers de l’histoire, comme un aliment trop sec reste en travers de la gorge. En évoquant la figure du scénariste Jacques Sternberg et les différentes strates d’écriture du film, nous essaierons par ailleurs de montrer que Je t’aime, je t’aime est un film traversé par l’histoire, sourdement, clandestinement.

28 février 2012 : Le Cycle, Dayereh mina, (1974) de Dariush Mehrjui, Iran, 35mm, 101 minutes, couleur.
Séance animée par Agnès de Victor.

Ali amène son père malade dans un hôpital au cœur de Téhéran. Mais, dans l’impossibilité de payer les soins, il accepte d’entrer dans un trafic de sang dans lequel trempe aussi le corps médical. Figure de proue de la « Nouvelle Vague iranienne » depuis qu’il a signé La Vache en 1969, Dariush Mehrjui co-écrit le scénario du Cycle avec, une fois encore, l’écrivain Gholam Hossein Saedi. Il met en scène la spirale dévastatrice du marché noir qui sévit à Téhéran et le cynisme de ceux qui le contrôlent. La dimension critique du film lui vaut une interdiction par le régime du Shâh, qui n’accepte aucune remise en cause du fonctionnement de la société et notamment des hôpitaux. Finalement autorisé en 1978, Le Cycle est bientôt à nouveau interdit par le régime islamique né de la révolution de 1979. À partir d’un débat autour de ce film majeur de l’histoire du cinéma iranien, la séance sera aussi consacrée à définir la modernité cinématographique qui se développe en Iran à partir des années 60, et à la mise en évidence de ses sources, iraniennes et étrangères.

15 mai 2012 : Kaboul, Au bout du monde (1993), France, Bétacam SP, 53 minutes.
Séance animée par Johanna Cappi.

Hommage du GRHED au travail du cinéaste et reporter Christophe de Ponfilly (5 janvier 1951 - 16 mai 2006).
Désireux de rendre hommage au travail du reporter et cinéaste Christophe de Ponfilly (5 janvier 1951 - 16 mai 2006) le GRHED propose une séance composée de deux films : Kaboul au bout du monde (Interscoop, 1993, France. 53’/Bétacam SP) et son dernier documentaire Femmes d’Asie centrale (Interscoop & ARTE France, 2004, 75’). Au lendemain de l’ère soviétique en Afghanistan, les années 1990 touchent l’essence des déceptions idéologiques du reporter. En 1992, le film de reportage, peu connu, énonce un premier constat d’échecs politiques et explore les poussières d’une capitale et de son pays en ruines. En 2004, pour son retour en Asie centrale, le cinéaste, guidé par Gulya Mirzoeva, choisit de filmer le combat quotidien de femmes qui prennent part à l’évolution du monde qui les entoure. Ces portraits réalisés sur plusieurs mois permettent d’entrevoir la complexité de la société Tadjike : une respiration entre un communisme avorté et un Islam en crise.
 

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