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Journée d'étude / Photographie et savoir-faire

dernière mise à jour : 07/10/2021

Journée d’étude

Photographie et savoir-faire

5 octobre 2021

Galerie Colbert, salle Vasari

L'accès à cette journée est libre (sur présentation du pass sanitaire) et gratuit.


Responsables scientifiques : Michel Poivert, HiCSA et Marie Auger, doctorante HiCSA

À rebours d’une conception a-technique qui invisibilise la matérialité de la photographie pour n’en faire qu’une image, se sont développées des pratiques où la part matérielle du médium est utilisée comme un outil expressif. Rejetant toute disqualification de la main, des artistes ont revendiqué la valeur propre du « faire ». À l’idée d’une photographie que l’on « prend », ils ont opposé une photographique que l’on « fabrique ». Dans l’histoire de la photographie d’art, ceci apparaît de façon évidente. Pictorialistes en 1900, adeptes des procédés « alternatifs » en 1970 ou artistes regroupés sous le label « Post-Photographie » en 2010, tous ont adopté une démarche qui réhabilite le savoir-faire par-delà les divisions arbitraires établies entre argentique et numérique. Cette démarche a fleuri dans les moments de transitions techniques où la place du savoir- faire se renégocie. Elle s’est enracinée dans le champ des beaux-arts et de l’artisanat et elle retrouve une actualité certaine à l’heure de numérique. Alors que la photographie est dite « dématérialisée » et qu’elle s’hybride à toutes sortes de pratiques, c’est tout à la fois une pensée du matériau et du geste photographique qui est à renouveler. À l’occasion de cette journée d’étude, nous proposons d’avancer dans cette direction en réfléchissant aux relations qui unissent la photographie et le savoir-faire artisanal depuis le XIXe siècle à nos jours.


Programme

9h30 /    Introduction, par Marie Auger, doctorante en art contemporain, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne-HiCSA
10h00 / Brenda Lynn Edgar, collaboratrice scientifique, Université de Genève, Histoire de la médecine, iEH2 - Institut Éthique Histoire Humanités
Les pratiques décoratives de la photographie
Cet exposé se concentrera sur les débuts de la photographie décorative au XIXe siècle, période de foisonnement d’inventions et d’expérimentations techniques, mais aussi moment critique où la photographie s’intègre dans les processus de production, devenant un acteur incontournable des arts industriels. Au travers des exemples de modèles photographiques, d’objets décorés photographiquement et de la littérature technique de l’époque, nous examinerons le rapport qui s’est noué entre le savoir-faire artisanal du photographe et celui des artisans du mobilier, de la céramique, du vitrail, de la sculpture, et du tapissier. Nous passerons également en revue des moments clefs dans l’évolution de la décoration photographique au XXe siècle pour conclure sur le renouveau de certaines pratiques dans les dernières décennies. Nous verrons que, loin de dessiner une simple histoire des techniques, les pratiques décoratives de la photographie constituent des objets d’études complexes qui s’inscrivent dans l’histoire de la culture matérielle. Véritables expressions de valeurs culturelles, conditionnées par des contextes historiques et sociaux spécifiques, elles ouvrent de riches perspectives méthodologiques pour l’histoire de la photographie.

10h30 / Marie-Eve Bouillon, docteure en histoire et civilisations, EHESS, CRAL-CEHTA ; Chargée d’étude, Archives nationales
Fabrique des objets-souvenirs photographiques : éditeurs photographes et manufactures au début du XXe siècle   
Le monde des photographes et celui des objets photographiques sont poreux à la fin du XIXe et début du XXe siècle. Une convergence d’intérêts, techniques, esthétiques ou commerciaux entre industriels, stimule la mise sur le marché de nouvelles propositions d’objets, produits en série dans le contexte d’un tourisme en pleine expansion. L’image en effet facilite l’appropriation et tient un rôle central dans le rituel du souvenir : elle s’immisce, sous la forme photographique, sur des objets décoratifs auparavant plus traditionnellement décorés et s’adapte à des formes anciennes pour renouveler leur perception. A partir de l’exemple d’une collaboration établie entre les éditeurs photographes Neurdein frères et la manufacture de Sarreguemines, nous aborderons ces liens tissés entre professions, où coexistent innovation technique, entrepreunariat et pratiques culturelles autour des objets.

11h00 / Pause

11h15 / Vincent Levy, céramiste, Montreuil
L’impression d’images sur céramique aujourd’hui : Vi-Céramiques
Avant de devenir céramiste, Vincent Lévy travaille en tant que monteur de films documentaires et développe une activité d’artiste vidéo et numérique, principalement axée sur les installations. Il a, dans son métier et ses œuvres, toujours cherché à interroger notre représentation du réel, en utilisant particulièrement les archives en tant qu’images construisant notre mémoire individuelle et collective et, par-delà, notre identité. Progressivement à partir de 2005, il ressent la dématérialisation des images liée au développement du numérique comme une perte et commence à travailler sur la relation image/terre. Ce travail sur la matière est devenu sa principale activité, aussi bien artistique que professionnelle, depuis 2014. Il travaille aujourd’hui dans son atelier à Montreuil, dans la banlieue de Paris.

12h00 / Pause

Entretiens avec les artistes animés par Marie Auger et Michel Poivert

14h00 / Sylvie Bonnot
Transposer la gélatine argentique
Photographe et plasticienne, Sylvie Bonnot (née en 1982) développe en parallèle de ses prises de vue et commandes photographiques, de nouveaux modes de transfigurations de l'image interrogeant les formes naturelles et industrielles du paysage et de l'espace. Elle a été lauréate de la résidence hors les murs de l’Observatoire de l’Espace du CNES (2021) et ses expositions incluent : Mobile/Immobile, Archives nationales, 2019, Le Baïkal Intérieur, Bleu du Ciel, 2018, Contre-Courants, Musée de La Roche-sur-Yon, 2018. Son travail fait l’objet de publications monographiques telle Derrière la retenue, Fondation Facim & Actes Sud, 2017.

15h00 / Carolle Bénitah, Marseille
Photographies brodées et dorées
Diplômée de l'École de la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne, Carolle Bénitah (née en 1965) a exercé pendant dix ans la profession de styliste de mode avant de se tourner vers la photographie en 2001.  Elle est diplômée de l’École nationale supérieure de la photographe (Arles). Depuis, elle cultive une approche protéiforme de la création en développant des installations à travers lesquelles elle interroge l’identité, la construction de soi. Elle utilise des matériaux qui peuplent l’univers domestique (napperon, mouchoir avec monogramme brodé, torchon, drap de trousseau…) ainsi que la broderie pour renverser la hiérarchie des beaux-arts et les arts décoratifs.

16h00 / Pause

16h15 / Véronique Elléna, Paris
Vitraux photographiques
Photographe et plasticienne, Véronique Elléna (née en 1966) est formée à l’École nationale supérieure des Arts visuels de La Cambre à Bruxelles. Elle reçoit plusieurs commandes publiques (Centre national des Arts plastiques, musée André Malraux au Havre) et ses images entrent dans de nombreuses collections publiques (centre Georges Pompidou, Fonds national d’art contemporain, FRAC Île-de-France) et privées (collection Florence & Damien Bachelot). Elle est également lauréate de la résidence de la Villa Médicis et de la Fondation des Treilles, et reçoit le prix pour l'intelligence de la main de la Fondation Bettencourt pour le Vitrail du Millénaire de la cathédrale de Strasbourg.

 

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