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Journée d'étude / La rhétorique de l’anti-subjectivité dans l’art américain

dernière mise à jour : 23/09/2019

Journée d’étude / HiCSA et ED441

La rhétorique de l’anti-subjectivité dans l’art américain

18 septembre 2019

Galerie Colbert, Salle Vasari

Organisation : Clara Guislain (doctorante en histoire de l'art, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et Emilie Robert (doctorante en histoire de l'art, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

Comité scientifique : Philippe Dagen (professeur d’histoire de l’art, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Larisa Dryansky (maître de conférences en histoire de l’art, Sorbonne Université) et Erik Verhagen (professeur d’histoire de l’art, Université Polytechnique Hauts-de-France)

À la fin des années 1950, l’exaltation de l’Expressionnisme abstrait américain tend à provoquer un déni et/ou un refus de plus en plus marqué de la subjectivité de l’artiste conçue comme source causale ou facteur explicatif de l’oeuvre. En réaction à la psychologisation excessive du peintre expressionniste, la génération suivante va répondre par une radicale neutralisation des marqueurs de la subjectivité. Sous l’autorité de l’artiste devenu théoricien et l’influence du modèle linguistique, l’art conceptuel achèvera d’opérer ce décentrement au profit d’une pratique systémique jouant sur le régime de l’objectivité documentaire et un factualisme impersonnel. Souvent tautologique et auto-référentielle, l’oeuvre n’est plus conçue comme le réceptacle de passions ou émotions personnelles mais comme le reliquat d’un processus préétabli. Détachée des contingences du vécu et de son historicité, elle ne tend plus à exalter le sujet créateur, sa personnalité ou encore son intériorité. Cette mise sous « rature » d’une subjectivité pourvoyeuse de sens s’est durablement imposée comme un filtre de réception entérinant l’opposition entre le sujet psychologique (supposé contingent, privé et a-critique) et l'oeuvre (objectivable "sans reste").

Plus de cinquante ans après la naissance de l’art conceptuel, peut-on encore écrire (et réduire) son histoire selon la dichotomie quasi-manichéenne d’une subjectivité neutralisée au profit d’une objectivité revendiquée ? Les artistes se pliaient-ils strictement à la radicale binarité de ce schéma d’opposition ? Quels sont les réactions, les dépassements et les héritages d’une telle rhétorique dans la création, la critique ou l’enseignement ? Selon quelles modalités cette rhétorique a-t-elle été assimilée ou au contraire subvertie par les artistes dits post-conceptuels ?


Programme

9h00 / Accueil des participant.e.s
9h15 / Mot d’introduction

Du déni à la réappropriation : le sujet comme objet transdisciplinaire

9h30 / Benjamin Bianciotto, docteur en histoire de l’art, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, commissaire et critique d’art indépendant
Ballet sans musique, sans personne, sans rien : la question de l’anti-subjectivité dans la musique expérimentale des années 1960-1970
10h00 / Johanna Renard, docteure en histoire de l’art, Université Rennes 2, ATER Université de Strasbourg
La loi du cool : mouvement, affect et subjectivité dans la danse du Judson Dance Theater

10h30 / Pause

10h45 / Géraldine Gourbe, docteure en philosophie, Université Paris Nanterre, philosophe, critique d’art et commissaire d’exposition
La scène du Southern California (SoCal) : une anti-subjectivité contrariée
11h15 / Clara Guislain, doctorante en histoire de l’art, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
La dislocation de l’autorité du sujet chez Richard Prince, Jenny Holzer et Mike Kelley
11h45 / Discussion - conclusion de la matinée

12h15 / Pause

D’un contexte à l’autre, le dualisme sujet/artiste

14h00 / Paulina Faba Zuleta, maître de conférences en anthropologie, Université Alberto Hurtado, Santiago, Chili
Subjectivité et anti-subjectivité dans l’art d’Ana Mendieta
14h30 / Antoine Garrault, doctorant en histoire de l’art, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Me and I : Nauman, Morris, Smithson et leurs doubles

15h00 / Pause

15h15 / Emilie Robert, doctorante en histoire de l’art, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Lee Lozano et On Kawara : l’ambivalence artistique d’un sujet dissocié
15h45 / Anne Bertrand, docteure en histoire de l’art et en langue et culture anglophones, Université Paris 7 Diderot, professeure de théorie/histoire des arts à la Haute école des arts du Rhin, Strasbourg, et critique d’art
Lewis Baltz ou le scepticisme
16h15 / Discussion

16h45 / Table ronde

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