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Appel à communication / Ville et architecture : des relations conflictuelles ?

dernière mise à jour : 11/06/2019

Appel à communication / Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (ED441/HiCSA) – École de Chaillot

Journées d’études doctorales annuelles en histoire de l’architecture

Ville et architecture : des relations conflictuelles ?
Représentations, théories, pratiques, héritages (XIXe-XXe siècle) »

5 - 6 décembre 2019, Paris

Date limite : 10 juin 2019


Dans les villes européennes et américaines du XIXe et du XXe siècle, quels rapports lient l’architecture et la ville ? Les points de vue multiples sont partagés entre ceux qui parlent de rapport analogique, sur le modèle albertien de « la ville comme une grande maison, la maison comme une petite ville », et ceux qui affirment une rupture consommée entre ville et architecture. C’est le cas de Bernard Huet dans son article-manifeste « L’architecture contre la ville » (1986), et de Françoise Choay dans le célèbre texte « Le règne de l’urbain et la mort de la ville » (1994). D’autres encore pensent la ville comme un système d’accumulation d’objets, tels qu’Andrea Branzi ou Rem Koolhaas, ou bien en fusion avec son architecture. Cette dernière idée est notamment développée par Jaap Bakema dans sa définition d’« architecturbanisme », ainsi que par Kenneth Frampton et Reyner Banham.

Les relations entre ville et architecture ont été largement représentées, analysées, et questionnées sur différents supports et médias développés depuis deux siècles. Certaines expressions artistiques ont permis d’aborder sur différents registres les transformations spatiales de la ville "moderne" en véhiculant aussi souvent des utopies : de nombreux exemples ont été produits par des avant-gardes artistiques comme le Futurisme italien, l’Expressionnisme allemand et le Constructivisme russe. La littérature, le cinéma et la bande dessinée en témoignent, que ce soit dans les romans de Victor Hugo, d’Émile Zola, et de Georges Perec ;dans des films emblématiques tels que Новая Москва [La Nouvelle Moscou] d’Alexandre Medvedkine (1938), Le mani sulla città de Francesco Rossi (1963),  Playtime de Jacques Tati (1967) ou Koyaanisqatsi de Godfrey Reggio (1982) ; ou encore dans la série d’albums Les Cités obscures de François Schuiten et Benoît Peeters (1983-2009). Ces exemples véhiculent ainsi une « idée de ville » qui peut être aussi bien formelle, politique ou sociale et qu’il convient de revisiter.

Les relations entre ville et architecture ont aussi été le sujet de théorisations au sein de différents champs disciplinaires. Elles sont interrogées depuis le XIXe siècle en philosophie et en sciences sociales, en histoire et en histoire de l’architecture au sein d’ouvrages, de revues spécialisées ainsi que d’exposions. Mais comment ces approches théoriques et ces modèles véhiculés ont-ils pu inspirer et façonner la pratique ? C’est dans ce sens que nous pourrions évoquer les relations entre ville et architecture autour de la question de la fabrication de la ville. Les modèles d’interdépendance développés au XIXe siècle par Haussmann, Otto Wagner ou Ildefons Cerdà sont-ils définitivement dépassés ou ont-ils été repris au XXe siècle ? Dès lors, si des revendications marquent une continuité entre ville et architecture et entre ville ancienne et ville contemporaine, d’autres soutiennent l’indépendance de l’architecture face à son contexte. En Europe, comment la préservation des centres historiques, dont l’exemple de Bologne a été paradigmatique, a dialogué avec l’architecture et l’urbanisme de la Reconstruction dans la deuxième moitie du XXe siècle (démolition de certains quartiers historiques, construction des Villes nouvelles et New Towns) ? Comment les concours d’architecture et d’urbanisme ont-ils nourri les débats de modèles à appliquer ? Plusieurs pistes pourront ainsi être approfondies à travers l’étude des projets et de l’ensemble des acteurs qui ont participé à la construction et à l’évolution des villes.

Les relations entre ville et architecture invitent enfin à interroger la question du patrimoine et de son évolution au cours du XXe siècle. Dans le cas français, après la Seconde Guerre mondiale, l’État prend conscience de la valeur patrimoniale de certains quartiers et non plus seulement des monuments. Depuis, la notion de patrimoine et les outils de protection en vigueur ont été le fruit d’un long processus d’évolution, fonction du développement de la société. Passant tour à tour de démarches opérationnelles en démarches réglementaires, d’une vision muséale à une approche technique pouvant renier les usages, la législation en matière d’urbanisme pose elle aussi la question de la corrélation entre patrimoine et développement urbain : comment protéger les centres historiques tout en favorisant leur évolution ? Quelles doivent être les conditions de conservation, de protection, de transformation et d’évolution du patrimoine dans les villes de demain ? La multiplicité des approches réglementaires ne tend-t-elle pas vers un morcellement du territoire, au lieu d’aller dans le sens d’une plus grande cohésion ? Comment permettre au patrimoine et à ses acteurs d’être porteurs de projets globaux ? Nombres de débats passionnés ont vu s’affronter ceux qui considèrent que la ville et son architecture doivent s’adapter continuellement aux évolutions et besoins de la société et ceux qui exigent d’y conserver chaque témoignage historique, au risque de la transformer en musée.

Les journées des 5 et 6 décembre 2019 proposent de réunir des doctorants et jeunes docteurs de différentes disciplines (urbanisme, histoire de l’art et de l’architecture, sciences sociales, etc) dont les communications pourront concerner aussi bien :

- Représentations
- Théories
- Pratiques
- Héritages

Elles seront l’occasion de revenir sur les différents positionnements et réinterroger les modèles de relations proposées, afin de nourrir le débat contemporain.

Modalités

Les propositions (en français ou en anglais) résumeront en 2500 signes l’argumentaire de la communication (d’une durée maximale de 20 minutes) en précisant le titre de celle-ci, ses sources, ses points forts et seront accompagnées d’une courte biographie de l’auteur. L’ensemble est à envoyer par mail avant le 10 juin 2019 à l’adresse villeetarchitecture@gmail.com.

· Un nombre limité de bourses est disponible sur demande pour les intervenants dont les laboratoires ne pourraient prendre en charge le déplacement.
· Un projet de publication en ligne est prévu à l’issue de ces journées d’études, réunissant l’ensemble des contributions.

Calendreir
Date limite d’envoi des propositions : lundi 10 juin 2019.
Notification d’acceptation aux auteurs : vendredi 5 juillet 2019.

Dates et lieux : Jeudi 5 décembre 2019 : INHA, Salle Vasari - 2, rue Vivienne, Paris
Vendredi 6 décembre 2019 : Ecole de Chaillot, Amphithéâtre - 7, av. Albert de Mun, Paris

Comité d'organisation
Andrés Avila Gómez, doctorant (U. Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
Fanny Bocklandt, doctorante (École de Chaillot  – U. Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
Nicole Cappellari, doctorante (U. Paris 1 Panthéon-Sorbonne – Università Iuav di Venezia)
Pauline Tékatlian, doctorante (U. Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
Sous la responsabilité scientifique de Jean-Philippe Garric (Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
 
Comité scientifique
Federico Bucci (Politecnico di Milano)
Hélène Jannière (Université Rennes 2)
Marilena Kourniati (École nationale supérieure d’architecture de Paris Val-de-Seine)
Catherine Maumi (École nationale supérieure d’architecture de Grenoble)
Clément Orillard (École d’Urbanisme de Paris)
Juliette Pommier (École nationale supérieure d’architecture et de paysage de Lille)
 

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