axes de recherche  Arts : processus créatifs  

L'Oeuvre / l'atelier

dernière mise à jour : 16/11/2012

La réalisation de l’œuvre dépend des conditions établies par l’artiste. Traditionnellement, l’atelier représente le lieu où l’ensemble des procédures mises à sa disposition sont déployées. Espace mythique, il connaît des formes multiples, ouvertes à des expériences de production de l’œuvre sans frontière. L’atelier peut être un espace social ou géographique tout autant qu’un espace bâtit privé. Figure primitive, si on le compare au white cube de la galerie ou du musée qui constituerait à l’époque contemporaine l’espace paradigmatique de la réception de l’œuvre, l’atelier reste sous toutes ces formes le lieu de la gestation et de la concrétisation de l’œuvre. Il peut être aussi le lieu d’expériences qui se donnent pour œuvre même (et notamment par le jeu de l’enregistrement des actions qui s’y performent). L’historien d’art y trouve une archive informelle de la création, qu’il doit interroger, reconstituer pour approcher au plus près les conditions intellectuelles, sensibles aussi bien que matérielles de la création. L’atelier est un site- archive, il contient les traces de la création et de tout ce qui lui est associé : un espace de sociabilité et de rencontres entre l’artiste et ses interlocuteurs (collaborateurs, marchand, critiques, commanditaires, etc.). L’œuvre y est au centre. C’est à partir du pouvoir qu’elle exerce sur le spectateur, par la contemplation ou la provocation,  au plan symbolique et spéculatif qu’elle participe d’une histoire et que se tissent des relations avec les autres productions artistiques. L’étude de l’œuvre entre l’atelier et la réception n’est pas un « moment » mais un espace d’analyse spécifique dans lequel l’historien d’art explore la nature de l’œuvre.

Les avancées de l’histoire culturelle et sociale de l’art, comme celles des études visuelles, ne peuvent donc s’opérer en faisant l’économie d’une interrogation régulière et renouvelées de statut de l’œuvre elle-même ; mais plus fondamentalement encore des processus créatifs qui lui confèrent le pouvoir d’incarner une pensée du monde. La conception de l’œuvre comme matérialisation d’une pensée par la forme, le dispositif et sa matérialité même, revient à réfléchir sa nature non pas en dehors de ce qui la détermine (la volonté de l’artiste comme le hasard, sa réception comme sa marchandisation) mais de lui conférer explicitement le rang d’une production de l’esprit capable de rejouer son sens dans différents contextes.

La tradition moderniste a longtemps perçu l’œuvre comme autonome et transcendante, échappant en cela à la contingence historique. L’historiographie a subi un mouvement de balancier vers des approches critiques et culturalistes qui, à l’inverse, en ferait un strict produit des déterminations historiques. L’axe de recherche l’œuvre et l’atelier souhaite remettre au centre, rééquilibrer en quelque sorte ces deux grands courants d’approche de l’œuvre d’art en mobilisant de façon mesurée l’étude de l’œuvre dans sa profonde singularité (avec ses régimes d’historicités propres à l’ouverture renouvelée de son sens) et le cadre socio-historique qui pèse sur sa compréhension.


Projet Crise de la conscience européenne.

Programme Cosa Mentale.

Projet Le corps de la création.

Programme Les histoires de René Allio.

bmars 2017a
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