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Appel à contributions / Journée d'étude / Echos des sociétés géorgiennes et victoriennes dans les arts contemporains britanniques

dernière mise à jour : 16/03/2010

« Echos des sociétés géorgiennes et victoriennes dans les arts contemporains britanniques »


Journée d’étude de l’association One Piece at a Time (GEIAB) en partenariat avec l’Université Paris-Diderot (Etudes Anglophones)

le 5 juin 2010


Depuis les années 1980, le monde de l’art britannique observe une résurgence des thématiques, de la pensée critique et des outils plastiques issus des XVIIIe et XIXe siècles. Yinka Shonibare aime citer Fragonard (The swing, After Fragonard, 2004), tandis que Sutapa Biswas mime George Stubbs dans la vidéo Birdsongs de 2004. Ingrid Pollard marche sur les traces de William Wordsworth et de sa sœur dans les alentours de Grasmere . Damien Hirst en appelle aux sciences et à l’empirisme pour redéfinir les liens entre nature et culture.  Qu’ils soient perçus comme young British artists ou aux black artists, ou encore qu’ils s’inscrivent dans  la tradition picturale moderniste à l’instar de Lucian Freud (Large interiors 11 (After Watteau), ou qu’ils s’orientent vers des pratiques engagées politiquement ou socialement, tel Conrad Atkinson avec Excavated Mutilations, 2003  ou For Emily, 1992, les artistes plagient, renvoient, parodient à l’envie les arts de l’époque géorgienne et de l’ère victorienne. Or, ces deux périodes coïncident avec la colonisation de l’Inde, avec la signature de l’Acte d’Union du Royaume-Uni avec l’Ecosse, ou encore avec l’apogée de l’industrialisation, et le développement des liens de communications, ainsi que des innovations dans les arts visuels, de la photographie au cinéma.


Ces liens vont au-delà du seul champ des arts plastiques pour puiser dans la philosophie, la littérature, l’économie, la politique de la période. Les historiens de l’art et les spécialistes anglicistes des départements de littérature et d’art britanniques s’accordent sur ce constat, comme le suggère l’exposition William Hogarth au musée du Louvre  en 2006-2007 qui se clôturait sur la série Diary of a Vicorian Dandy de Yinka Shonibare. En 2008, le congrès de la SAES  organisait son colloque annuel autour de la notion de résurgence en termes de polarités enfouissement/surgissement, perte/restitution, mais séparait les ateliers selon les périodes et les disciplines des études anglophones.
 Nous nous proposons de poursuivre le questionnement visant à relire la « postmodernité » en lien avec la question de la résurgence de la tradition, de la création du canon, ou de l’« invention de la tradition » (Hobsbawm 2006). En effet, le retour, ou l’écho prend sa source tantôt dans une reconstruction du passé, ou bien par l’emprunt de ses attributs, de ses référents, de ses caractéristiques culturelles, ou d’éléments (motifs, œuvres, courants artistiques, courant philosophique, politiques et économiques) devenus significatifs du fait des interprétations contemporaines, des constructions imaginaires ou des mythes qui résultent de la création d’un héritage ou d’un patrimoine culturel. Le retour est autorisé par la citation (Antoine Compagnon 1979),  ou  la littérarité (Rifaterre 1979) appliquées au domaine des arts visuels ; il est reprise, plagiat, copie, emprunt, référent des œuvres d’art, évaluées tout autant à l’aune des mondes de l’art dans lesquels elles sont prises (Becker, 1984).


Il serait particulièrement intéressant de déconstruire et de reformuler les échanges culturels entre les disciplines et les périodes historiques elles-mêmes, au cœur d’une actualité scientifique internationale dans laquelle les « transferts culturels » occupent une place centrale dans le vocabulaire critique. La journée d’étude que le groupe d’études interdisciplinaires One Piece at a Time se propose de tenir en juin 2010 aura pour objectif non seulement d’interroger les formes mais également les causes des résurgences de caractéristiques plastiques au sein des arts visuels contemporains britanniques à partir des années 1980. Elle sera également l’occasion d’interroger les méthodologies communes et les outils d’analyses des différentes disciplines universitaires, qu’elles soient des départements d’histoire de l’art, d’arts britanniques, ou d’histoire.

Nous accueillons des interventions en priorité sur les thèmes suivants :
- motifs plastiques et citations issues de l’histoire de l’art dans les œuvres d’art contemporaines britanniques : traitement du paysage, du portrait, références aux canons  des sociétés géorgiennes et victoriennes 
- motifs culturels et civilisationnels dans les œuvres d’art contemporaines britanniques : colonialisme, industrialisation etc.
- renvois et retour à des références philosophiques, littéraires.

La journée se tiendra le 5juin 2010 à l’institut Charles V ou à l’INHA .


Les propositions de 250 à 300 mots sont à envoyer à Sophie Orlando (so.orlando@gmail.com) et Gabriel Gee (gabrielneilg@hotmail.com) avant le 15 mars 2009 ; les réponses seront obtenues la semaine du  15 avril.

Par ailleurs, en vue d’une publication des actes de la journée sur le site du GEIAB, nous signalons que nous souhaiterions recevoir les textes des interventions retenues avant le 5 juin 2009.
 

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