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Appel à contributions / La création ivre. L’alcool, moteur, motif et métaphore artistiques (XVI-XXe siècles)

dernière mise à jour : 04/05/2009

Journées d’études organisées par l'HiCSA et le CEHTA (EHESS)


25-26 septembre 2009

Coordinateurs : Valérie Boudier (CEHTA), Frédérique Desbuissons (CIRHAC), Jean-Claude Yon (CHCSC)


De la mania platonicienne au dionysiaque nietzschéen, l´ivresse a été longtemps pensée comme une forme de transcendance propre au créateur. Positive à la Renaissance, où elle favorise la connaissance du monde comme sa restitution libre, symbole de sincérité et révélatrice de vérités cachées, l’ivresse n’est devenue pleinement négative qu’à l’époque contemporaine.
Aujourd’hui réduite pour l’essentiel à l´état pathologique produit par la consommation excessive d´alcool, elle est envisagée dans ses relations à l´addiction et aux conduites à risque et figure depuis plus d´un siècle parmi les préoccupations majeures des politiques de santé publique. Lorsque les sciences sociales s’en emparent, c’est pour aborder ses motivations, ses causes et ses effets sous l´angle davantage médical que dans ses relations à la création. De leur côté, les historiens de l’art n’ont consacré que peu de travaux à l’ivresse, trop aisément assimilable à l’ivrognerie – traiter de l´artiste ivre, ne serait-ce pas renouer avec le mythe sentimental du bohème alcoolique ?
Pourtant, avant d´être cause ou conséquence négatives, l´ivresse peut être envisagée dans sa dynamique. Qu´elle résulte d´une expérience exaltante ou de l’absorption d’une substance psychotrope, que l´on y voit un moteur ou un facteur d´inhibition, l’ivresse est toujours prise entre effet et cause, gain et dépense. Elle est non seulement force de transformation, mais aussi distanciation, éloignement du réel et dépassement d´une norme qu´elle excède en qualité – le génie– ou en quantité – l´ivrogne.
Nous proposons donc d’étudier les relations de l’art, de l’alcool et de l’ivresse, en revenant sur les archétypes, les clichés et les lieux communs qui composent l´imaginaire de ce que l´on pourrait nommer la création ivre. Nous attachant prioritairement aux relations entre ivresse et inspiration, aux pratiques d´enivrement des artistes ainsi qu´aux discours sur l´ivresse dans ses relations à l’art, nous chercherons à comprendre comment l´alcool a contribué aux définitions de la fonction artistique dans les sociétés occidentales de la Renaissance au XXe siècle.

Les interventions pourront s´inscrire dans les axes thématiques suivants :

Personnifications de l´ivresse : Bacchus, Silène, Noé...
Excès et démesure : l´ivresse sublime
In vino veritas : ivresse et connaissance
Vin mauvais : l´ivresse improductive
Ivresses métaphoriques

Les propositions d’environ 300 mots seront envoyées avant le 30 avril 2009 sous forme électronique à : desbuissons@free.fr
 

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