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Journée d'étude / Les intermédiaires - 2 / « Troisième sexe » et paradigme féminin dans la modernité artistique (1900-1930)

dernière mise à jour : 01/10/2015

Journée d’étude / « Les intermédiaires II »

 

« Troisième sexe » et paradigme féminin dans la modernité artistique (1900-1930)

30 septembre 2015
salle Vasari, Galerie Colbert

Responsables scientifiques
Marcella Lista, Pascal Rousseau
avec Damien Delille, Charlotte Foucher Zarmanian et Flaurette Gautier
(université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, laboratoire HiCSA)

Après une première journée d’étude consacrée aux « Utopies du troisième genre dans les arts visuels au passage du siècle (1880-1920) » qui s’attachait à revisiter la figure unitaire de l’androgyne, à travers l’héritage romantique et symboliste jusqu’aux avant-gardes abstraites, cette deuxième journée propose d’aborder plus spécifiquement les hypothèses d’un avènement du paradigme féminin dans les arts du début du XXe siècle.

De l’étude médicale et culturelle de « l’inversion » à la posture conquérante de personnalités artistiques féminines qui s’attèlent à une redéfinition élargie du « féminin », il s’agira de s’intéresser à la manière dont l’art canalise, au début de la modernité, un déplacement des modèles d’identification. L’esthétique de la période postrévolutionnaire en France s’est donnée à lire comme un moment d’« incorporation du féminin » dans la redéfinition d’une figure héroïque masculine où les artistes eux-mêmes se sont projetés - l’exclusion des femmes de l’Académie pouvant dès lors être comprise, dans cette même perspective, comme le corolaire d’une extension du monopole masculin de la création. On s’interrogera ici sur les manières dont se fait jour, à distance d’un siècle, une nouvelle distribution des forces en présence. Partant de la recherche pionnière engagée dans les années 1890 par le sexologue allemand Magnus Hirschfeld, le monde médical et la psychanalyse naissante mettent en débat, au tournant du XXe siècle, la bisexualité et le concept d’« états sexuels intermédiaires ». Dans ce sillage, le potentiel d’une sexuation mobile ou changeante devient l’un des points d’ancrage, de nombreuses pratiques artistiques et revendications sociales.

On s’intéressera tout particulièrement aux glissements complexes qui s’opèrent dans la constitution de figures d’identification inversées, hybrides ou duelles. Par-delà les pratiques du travestissement en tant que tel, les différentes interventions analyseront l’adoption de rôles « intermédiaires » qui offrent à l’artiste de reconsidérer en profondeur l’image et le genre de la création. Le principe du « Self-fashioning » tel que l’a formulé Stephen Greenblatt, mais plus encore la construction performative de figures fantasmatiques, où entrent ouvertement en jeu les possibles de la fiction, sont le lieu d’une transcendance et d’un déplacement des a priori culturels assignés au genre. C’est ce fil conducteur que cette journée invite à suivre, en accordant une attention privilégiée à l’investissement autofictionnel des formes narratives, de la performance, de la photographie et du film dans les premières décennies du XXe siècle.

Voir le dépliant ici.

Programme

10h00 / Introduction par Marcella Lista et Pascal Rousseau, université de Paris 1 / HiCSA

Inversion et processus créateur

10h10 / Elisabeth Ladenson, Columbia University, New York
Autour de “Proust lesbien” : les aventures du petit Marcel au pays des Gender Studies

10h50 / Charlotte Foucher Zarmanian, CNRS
Pygmalionnes au passage du XIXe au XXe siècle

11h30 / Nicholas-Henri Zmelty, université de Picardie-Jules Verne, Amiens
Muse et amant(-e): Lili Elbe face à Gerda Wegener

12h10 / Discussion

12h30 / Pause

Performance et déplacements du genre

15h00 / Damien Delille, université de Reims Champagne-Ardenne / HiCSA
Les transvestis. Magnus Hirschfeld et l’atlas visuel des sexualités

15h40 / Karl Toepfer, San Jose State University
Embodiments of Sexual Ambiguity in Cabaret and Film Dances of the Weimar Republic

16h20 / Marcella Lista, musée du Louvre / HiCSA
L’image et son auralité : d’Alla Nazimova aux « travestissements temporels » de Pauline Boudry et Renate Lorenz

17h00 / Projection : Pauline Boudry et Renate Lorenz, Salomania, film, 17’, 2008

17h20 / Débat et conclusion


Le projet « Les Intermédiaires » est soutenu par l’Institut Émilie du Châtelet et le Conseil Régional Île-de-France, dans le cadre du DIM « Genre, inégalités et exclusions »
 

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