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Journée d'étude / Temporalité du processus de création

dernière mise à jour : 26/10/2012



25 octobre 2012, salle Vasari (INHA)

Responsable scientifique Etienne Jollet,
dans le cadre du programme de recherche Tempus
 


Programme

 Voir la plaquette ici.

9h15 / Accueil des participants

9h30 / Etienne Jollet, professeur à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, HiCSA
Le temps de la création : une mise en perspective historiographique


L’approche génétique de l’œuvre


10h00 / Lizzie Boubli, conservateur du patrimoine, musée du Louvre
Fondements et enjeux d’une génétique du dessin à l’époque moderne
La question du processus de création dans le dessin à l’époque moderne est le plus souvent axée autour d’un phénomène majeur, celui de la tradition téléologique car la création est pensée seulement dans la perspective d’une clôture, celle de l’achèvement de l’œuvre. Cette position est en contradiction avec le questionnement posé par l’idée même de « processus » qui implique, au contraire d’une linéarité d’ordre téléologique, des retournements, des hésitations, des corrections constantes qui peuvent tout aussi bien expliquer que justifier l’œuvre achevée. Dans cette orientation, la temporalité occupe un rôle de premier plan dans la mesure où les mutations les plus complexes déjouent justement cette linéarité. Les reconstitutions partielles de la genèse d’une œuvre exigent sans cesse d’aller à rebours, non pas pour recréer cette œuvre mais pour comprendre la « logique » du processus et l’intégrer dans une pensée dynamique et mouvante au moment de l’interprétation.
L’enjeu d’une telle étude est de parvenir à établir les fondements d’une nouvelle approche où les changements et les métamorphoses d’un processus peuvent expliquer  la singularité d’une œuvre, et non son classement dans une catégorie déterminée. En tenant compte des spécificités d’une pensée graphique, souvent en complément et en prélude à une phase plus avancée de l’élaboration, on change de point de vue sur l’œuvre mais aussi sur les méthodes d’analyse et d’interprétation qu’on peut lui appliquer.

10h45 / Marianne Jakobi, maître de conférences à l’université de Clermont-Ferrand, ITEM
Archives de la création, titres et dessins : pour une histoire de l’art génétique
Les acquis de la génétique littéraire permettent d’étudier la part écrite des processus créatifs potentiellement observables dans les archives textuelles des artistes et, en premier lieu au moins, dans celles de Jean Dubuffet (carnets, notes, etc.), avec l’ambition de confronter la méthode génétique aux processus de création de l’objet d’art lui-même. Il s’agira de tenter d’élaborer une méthode permettant de comprendre tout à la fois la genèse de la pensée de l’artiste (à travers son propre discours écrit, ses notes d’atelier, etc.) et la genèse de l’objet d’art proprement dit (à travers les documents dessinés, les esquisses, les ébauches, etc.), et de reconstituer le processus créatif de l’œuvre dans sa temporalité.
11h30 / Pause

11h45 / Ségolène Le Men, professeur à l’université Paris Ouest Nanterre La Défence / CHAHR
L'oeuvre à l'oeuvre: génétique et temporalité
Cette communication abordera, à partir de quelques exemples, la façon dont le paradigme temporel se comprend  lorsque l'histoire de l'art, généticienne sans le savoir, croise l'approche et la méthode génétique. Le déroulement du processus de création des oeuvres d'art, depuis   l'élaboration à la divulgation sera mis en évidence. La question de la première oeuvre et de l'oeuvre dernière sera aussi posée.


Le temps de la création et le processus créatif


12h30 / Maurice Brock, professeur à l’université François-Rabelais, Tours, CESR
Pratiques de la reprise dans l’atelier de Titien
Dans l’atelier de Titien, dix ou quinze ans durant, le maître et/ou les élèves reprennent la Danaé ou la Vénus couchée, mais, à chaque fois, ce n'est "ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre.

13h15 / Pause

14h30 / Nicola Suthor, professeur à la Freie Universität, Berlin
Taking a breath while drawing? On Guercino's wavy line and its problematic reception
A partir du cas particulier du Guerchin, l'on souhaite aborder la question du flux temporel. Il s'agit de poser la question de la visibilité de la pensée créative, du "primo pensiero" à l'œuvre achevée.

15h15 / Danièle Cohn, professeur à l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, PHiCO
L'activité artistique et la construction d'un réel, retour sur Konrad Fiedler

16h00 / Pause

Temps de la création, temps de la réception


16h15 / Thierry Lalot, professeur à l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, HiCSA
Production matérielle et temporalité de l’oeuvre
Gestation et concrétisation de l’œuvre, voilà de quoi entendre une dimension temporelle dans les processus de la création. D’autre part, l’approche technologique des pratiques artistiques invite à considérer les outils, gestes, matériaux et procédés de l’artiste. Se rassemblent ainsi autour de lui tous les moyens qui concourent à la production matérielle de son œuvre.
Appréhender le temps de la création par ce regard croisé questionne l’accès à une structure temporelle du processus créatif. Ce que nous connaissons d’une pratique artistique à travers les recettes et les traités notamment, contient souvent et très clairement des indications temporelles quand d’autres indications demeurent implicites : combien de temps faut-il laisser agir cet acide sur cette plaque de verre ou de métal ? Jusqu’à ce que l’effet désiré soit atteint.
Les séquences s’enchaînant les unes aux autres ou les itérations installées dans un va-et-vient entre la gestation et la concrétisation de l’œuvre lors de l’esquisse et des repentirs par exemple, renvoient aux formes linéaire et cyclique du temps. Elles convoquent de manière très diversifiée tout acte contribuant à la production de l’œuvre : mettre au point un outil, répéter un geste, acheminer des matériaux, éprouver un procédé pour ne citer que quelques mises en situation.
Précisément,  l’on rappellera l’emploi du litharge ou d’huiles cuites réduisant le temps de séchage des couches picturales. Et combien la technique et les matériaux de la peinture à fresque conditionnent la journée de travail. Des technologies artistiques qui structurent un temps de la création : c’est dire l’esprit de l’essai.

17h00 / Bénédicte Trémolières, restauratrice
Temps de la création, temps de la restauration
L'oeuvre créée est soumise à vieillissement. La décision de restaurer est une réponse à ce devenir de l'oeuvre. La restauration appartient au temps de réception de l'œuvre : d'une même oeuvre les restaurations successives offrent différents "états". Elles mettent en jeu une conception de l'oeuvre à un certain moment, en un temps donné, par exemple le degré d'acceptation ou de visibilité de ce vieillissement. Dans le cas de Monet (et plus largement des impressionnistes) se pose notamment la question du vernis comme indice légitime ou non du "fini" de l'oeuvre.

17h45 / Alessandro Pignocchi, post-doc à EHESS/Institut Jean-Nicod
L’œuvre comme résultat d'une démarche
L’on défendra l'hypothèse selon laquelle l’expérience de l'œuvre d’art prend nécessairement forme autour de la reconstruction de certains moments de la démarche de l’artiste. Les processus psychologiques en jeu sont pour beaucoup inconscients et fonctionnent donc sans que nous nous en rendions comptes. Dans la relation à l’œuvre d'art, les attributions d'intentions commencent pourtant dès la perception. Les propriétés d'une peinture, d'un film, les traits d'un dessin, sont déjà perçus et organisés comme le fruit d'un processus intentionnel. Les attributions d'intentions déterminent ensuite les différentes facettes de notre relation à l’œuvre – son appréciation, son interprétation, son évaluation, la façon dont nous en parlons.

18h30 / Conclusions


 

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