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Colloque / Loin d'Hollywood ? Cinématographies nationales et modèle hollywoodien (France, Allemagne, URSS, Chine), 1925-1935

dernière mise à jour : 07/04/2010

 

Colloque HiCSA / Cinémathèque de Toulouse


Loin d'Hollywood ? Cinématographies nationales et modèle hollywoodien (France, Allemagne, URSS, Chine), 1925-1935

 

Le 11 - 12 mars 2010

Christophe Gauthier, Anne Kerlan, Dimitri Vezyroglou
 


Alors que, dès la fin des années 10, les stars incarnent sur les écrans du globe un nouveau système de représentations établi depuis une petite bourgade des environs de Los Angeles, l'industrie cinématographique européenne fait le deuil de sa prééminence passée. Pendant la dernière décennie du muet, le cinéma français, de premier du monde avant la Grande Guerre, est relégué au second, voire au troisième rang derrière une industrie allemande conquérante. De jeunes cinématographies nationales voient le jour, en Union soviétique comme en Chine. Toutes font face, d'une manière ou d'une autre, à la puissance hollywoodienne, présente aussi bien à Shanghaï que dans les salles de Moscou, de Berlin ou de Paris. En somme, un modèle est né qui ne cessera d'influer sur le cours du cinéma mondial jusqu'au siècle présent.


Cette année, le colloque de Zoom Arrière – organisé dans le cadre de l'ANR « Loin d'Hollywood : histoire culturelle du cinéma, 1927-1933 » – propose de s'arrêter sur une décennie cruciale dans l'histoire du cinéma – correspondant au passage du muet au parlant – afin d'y examiner le poids des circonstances historiques, économiques et culturelles dans l'évolution de diverses industries cinématographiques. Au moment où France, Allemagne, Union soviétique et Chine connaissent, à des rythmes et selon des calendriers différenciés, une mutation sans précédent, nous avons souhaité nous interroger sur les adaptations et les réponses techniques, institutionnelles, formelles et esthétiques de cinématographies nationales non américaines dans leur rapport au modèle hollywoodien.


Aux États-Unis, malgré la grande crise de 1929, les sociétés de production tirent les bénéfices de la nouvelle technique. Qu'en est-il dans les quatre pays considérés dans ce colloque ? On sait par exemple que pour certains pays la transition fut plus lente, d’où la proposition d’une période large allant de 1925 à 1935. Par ailleurs, aux États-Unis toujours, la généralisation du parlant donne lieu à la fixation des genres du cinéma classique hollywoodien. Alors que les transferts culturels sont extrêmement denses, entre les États-Unis et l'Europe, entre l'Allemagne et les États-Unis, entre les États-Unis et la Chine, entre l'Europe occidentale et l'Union soviétique, qu'en est-il de l'évolution des formes cinématographiques en Allemagne, en France, en Union soviétique et en Chine ? Enfin, dans un contexte général de fin de prospérité et de surgissement de la crise économique, quelles conséquences les transformations politiques profondes qui affectent tous les pays considérés ont-elles sur les productions cinématographiques ?


En regard de ces débats, notre choix sélectif de films est emblématique des évolutions, voire des errements, de structures cinématographiques (privées ou étatiques, au mains d'entrepreneurs ou d'auteurs) qui construisent des objets hybrides et passionnants, adossés au modèle hollywoodien comme aux représentations nationales nécessaires à l'attraction d'un public local. Films de stars, dont les figures se renouvellent sensiblement entre 1925 et 1935, de Raquel Meller à Danielle Darrieux et de Jaque-Catelain à Jean Gabin ; films de genre qui, pour être nés avant la généralisation du sonore, connaissent une formidable efflorescence à partir du début des années 30, à l'image de L'Opéra de Quat'sous de G. W. Pabst, présenté ici dans sa rare version française ou des Joyeux garçons de Grigori Alexandrov ; films témoins des transferts culturels à l'oeuvre, dans l'élan hollywoodien, mais aussi contre Hollywood (Kuhle Wampe de Slatan Dudow par exemple) ; film symptôme de la déshérence d'une acception singulière du cinéma enfin (La Fin du monde d'Abel Gance). L'ensemble de films chinois des années 30, présenté par ailleurs, vient enrichir de perspectives nouvelles ce panorama d'une industrie en plein bouleversement, mais qui édifie à sa manière, dans chacun des pays considérés, l'âge classique du cinéma.

 

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