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Appel à communications / Les Artothèques. Histoire(s) de Collections

dernière mise à jour : 24/03/2021

Appel à communications / Journée d’étude organisée par l'HiCSA

Les Artothèques. Histoire(s) de Collections

28 septembre 2021

Galerie Colbert, salle Vasari

 

Date limite d'envoi des propositions : 30 avril 2021

Les Artothèques. Histoire(s) de Collections est une journée d’études organisée par l’équipe de recherche ARP (Artothèque Recherche Patrimoine) au sein de l’UR HiCSA de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne dans le but de développer les recherches sur les collections d’art contemporain d’œuvres multiples conservées dans les artothèques et sur leurs missions de soutien à la création contemporaine. L’objectif visé est de faire connaître le projet de recherche porté par l’équipe de recherche ARP et de donner la parole à celles et ceux qui s’intéressent aux questions que soulèvent les artothèques et leurs collections.

La première artothèque publique a été inaugurée il y a une cinquantaine d’années en France sur le modèle développé en Allemagne au début du XXe siècle, puis au cours des années 1950 dans les pays d’Europe du Nord – Suède, Danemark, Pays-Bas –. Plus d’un demi-siècle s’est écoulé, pourtant le déficit de reconnaissance de ces établissements culturels, de leurs missions, de leurs actions et de leurs collections est tel que l’évocation du mot « artothèque » suscite surtout des interrogations, au premier titre desquelles : Qu’est-ce que c’est ? Inégalement réparties sur le territoire, les artothèques, comme les Maisons de la culture, font partie des dispositifs expérimentés dans les années 1960 par le ministère des Affaires culturelles, avant d’être développées par le ministère de la Culture, dans les années 1980, en même temps que les Fonds régionaux d’art contemporain (FRAC), afin de renforcer la politique de décentralisation et « de favoriser la rencontre du grand public avec l’expression artistique contemporaine et permettre à l’ensemble des catégories sociales d’intégrer dans leur environnement quotidien des témoignages de l’art contemporain de haute qualité (art. 1 convention distribuée par le CNAP 1982) ». L’ambition du ministère de la Culture est alors forte et ses intentions démocratiques. Il encourage l’acquisition d’œuvres d’art contemporain originales, initialement des œuvres multiples (estampes et photographies), destinées à constituer une collection mise à disposition des particuliers sous forme de prêts. Que conservent les artothèques à l’échelle nationale ? Que connaissons-nous des œuvres acquises par ces établissements ? Personne ne le sait, car les artistes et les œuvres sont les grands absents des études réalisées sur les artothèques. Cette lacune conduit à n’avoir aucune vision globale de ces collections et à en sous-estimer la qualité et la valeur. Pourtant, bien des catalogues d’artothèques comptent des noms prestigieux de la création de 1945 à nos jours, français et étrangers, comme Pierre Alechinsky, Louise Bourgeois, Raymond Depardon, Nan Goldin, Barbara Kruger, Sol LeWitt, François Morellet, Aurélie Nemours, Françoise Pétrovitch, Sophie Ristelhueber, Pierre Soulages, Olivier Debré, Sabine Weiss, dont les œuvres ont acquis une valeur patrimoniale.
Alors que la mission de soutien des artothèques à la création contemporaine par l’achat d’œuvres multiples pour constituer une collection est, avec le prêt, le fondement du concept d’artothèque, aucune étude n’a été menée sur cet aspect. Cette journée d’études vise à combler cette lacune en initiant le projet porté par l’équipe de recherche ARP qui est consacré à l’étude historique des collections des artothèques et de l’écosystème culturel, social et économique créé.

L’objectif est de compléter les résultats obtenus par les études réalisées, depuis les années 1980, sur les usagers des artothèques et sur la place de ces établissements aux typologies et statuts variés au sein des dispositifs de démocratisation culturelle commandées par le ministère de la Culture et l’ADRA, à des sociologues, des sociologues de l’art, des conservateurs de bibliothèques, des économistes de la culture en vue d’évaluer l’efficacité de ces établissements (Nathalie Heinich, Les artothèques, 1985 ; Annie Chevrefils Desbiolles, Étude l’artothèque comme média. Les artothèques : une expérience originale de démocratisation de l’art dans un écosystème artistique en recomposition, 2016, Dominique Sagot-Duvauroux (dir.), Le rôle des artothèques dans la diffusion de l’art contemporain, 2021). L’artothèque apparaît dans ces études ciblées sur le public emprunteur comme un objet quantifié, analysé à partir de données statistiques récoltées qui conduit souvent à ne connaître des collections que le nom des artistes référencés, le nombre d’œuvres inscrites au catalogue, et le nombre de fois où les œuvres ont été empruntées.
Les Artothèques. Histoire(s) de Collections emprunte donc une autre voie ; celle de l’étude historique de ces établissements culturels, de leurs collections et de leurs actions culturelles, ciblant les artistes contemporains, les éditeurs, les imprimeurs et les tireurs d’art, etc., qui participent dans leurs ateliers à la création des œuvres retenues par les instances de sélections – Fonds d’incitation à la création (FIACRE), Délégation aux arts plastiques (DAP), Centre national des arts plastiques (CNAP), Comités d’acquisitions des collectivités – pour figurer aux catalogues des artothèques en vue d’être prêtées. La journée a pour ambition de réunir ceux (historiens d’art, historiens, critiques d’art, artistes, sociologues et économistes de l’art, professionnels des artothèques, etc.) qui s’intéressent à cet établissement culturel singulier sous l’angle des collections qu’il conserve, de permettre la comparaison des expériences françaises et étrangères afin de mettre en lumière les points communs et les singularités qui les définissent.

Les propositions peuvent aborder des cas français ou étrangers sans limitation géographique, et précéder les années 1980, décennie du développement des artothèques en France.
Différents axes, non exclusifs, peuvent être envisagés :

1- Le premier axe vise l’étude des artothèques en tant qu’établissement culturel ayant pour mission le soutien à la création contemporaine par l’achat d’œuvres multiples. Les propositions auront pour objet l’analyse de ces lieux singuliers de l’art contemporain, en France et à l’étranger, de leurs collections et de leurs actions – expositions, résidences, éditions, co-productions –. Les propositions pourront rendre compte du rôle des directeur.rice.s d’artothèques, et des conseiller.ère.s scientifiques comme Bernard Lamarche-Vadel (1989-2000) associé à l’artothèque de Vitré (Dans l’œil du critique, Bernard Lamarche-Vadel et les artistes, 2009 ; Danielle Robert-Guédon, Isabelle Tessier (dir.), Inclinations. La collection selon Bernard Lamarche-Vadel, 2010), sur les acquisitions, les donations, et les politiques culturelles comme les dépôts institutionnels. À titre d’exemple, il sera possible d’interroger l’action de personnalités sur lesquelles il reste beaucoup à découvrir, ou de présenter des artothèques du point de vue de leurs histoires et de leurs collections, en France mais aussi à l’étranger notamment La Neue Berliner Kunstverein à Berlin fondée dans les années 1970, l’artothèque de Wolubilis à Bruxelles ou l’artothèque de Montréal créée en 1995.

2- Le deuxième axe s’intéresse aux artistes régionaux, nationaux, internationaux dont les œuvres – photographie, estampe, vidéo, design, sculpture etc. – ont été acquises par les artothèques, mais aussi à l’ensemble de ceux qui concourent à la réalisation des œuvres acquises : éditeurs, imprimeurs, éditeurs-imprimeurs, tireurs etc., ou à l’acquisition de ces œuvres : galeries, agences, ateliers. L’objectif est de mieux connaître les artistes présents dans les collections des artothèques, la représentativité des femmes, mais aussi d’étudier les relations de compagnonnage qui peuvent exister entre un artiste et une artothèque – coproductions, donations –. Quel regard les artistes, les éditeurs, les galeristes portent-ils sur le système de l’artothèque ? Si le point de vue de Pierre Buraglio est connu (Entretien de Pierre Buraglio par Sébastien Gokalp, Nouvelles de l’estampe, n°246, printemps 2014), d’autres sont à faire connaître et donneront à voir le rôle que le milieu de la création attribue à ces établissements culturels.

3- Le troisième axe se propose d’étudier l’action publique en général et le rôle du ministère de la Culture en particulier sur les artothèques. En 1982 le CNAP dresse une liste de noms d’artistes qu’il distribue aux artothèques afin qu’il intègre leurs collections. Quels ont été les artistes retenus pour figurer en 1982 sur cette liste ? Que nous indique cette sélection sur l’art contemporain du début des années 1980 ? Comment les artothèques ont-elles reçu ces suggestions ? Comment le milieu de l’art contemporain – artistes, galeristes etc. – a t-il réagi à cette liste ? En 1997, une commande publique d’estampes est lancée par Philippe Douste-Blazy, alors ministre de la Culture, dans le but de relancer le marché de l’estampe en France. En 2018, le CNAP, sur une nouvelle initiative du ministère de la Culture, et en partenariat avec l’ADRA (Association de développement et de recherche sur les artothèques) a lancé une commande nationale de multiples intitulée Quotidien dans le but d’encourager « la vitalité de la création contemporaine, de soutenir l’activité des ateliers où ces savoir-faire sont présentés et renouvelés [….] tout en témoignant de la volonté du ministère d’accompagner le réseau des artothèques sur l’ensemble du territoire (site lesartothèques.com) » En 2020, le CNAP a renouvelé cette initiative. Il s’agit dans cet axe de rendre compte des actions menées par l’État et les collectivités territoriales pour développer les collections des artothèques et leurs missions, et d’en proposer une lecture critique.

Une table ronde sur la patrimonialisation des collections des artothèques sera organisée au cours de cette journée d’études. Au moment où un nombre important d’œuvres conservées par les artothèques a acquis une valeur patrimoniale qui entraîne des contraintes nouvelles pour ces établissements, comment les artothèques gèrent-elles cette situation qui s’oppose a priori à la mission de prêt aux particuliers ? À partir des témoignages et expériences de directeur.rice.s  d’artothèques et des analyses des spécialistes du patrimoine, cette table ronde sera l’occasion de débattre d’un sujet d’actualité, de montrer quelles sont les actions que développent les artothèques aujourd’hui, et de rendre compte des enjeux de demain.

Deux options s’offrent aux chercheurs et personnalités du monde culturel qui souhaiteraient participer à cette journée d’études :
– La première option est d’envoyer une proposition de communication (en français ou en anglais). Celle-ci doit inclure un synopsis d’une page, un titre et une présentation biographique de 5 lignes. Ces informations devront être adressées avant le 30 avril 2021 à lesartotheques.hicsa@gmail.com
– La seconde est de contribuer à la table ronde prévue sur la patrimonialisation des collections des artothèques (en français ou en anglais). Les personnes intéressées peuvent se manifester en indiquant dans un court résumé les apports qu’elles pourraient apporter aux débats, ainsi qu’une présentation biographique de 5 lignes. Ces informations devront également être adressées avant le 30 avril 2021 à lesartotheques.hicsa@gmail.com

Les interventions seront d’une durée maximale de 25 minutes. La journée d’études aura lieu le 28 septembre 2021 à la Galerie Colbert, salle Vasari. Une publication des actes de la journée d’études est prévue sur le site de l’HiCSA (HiCSA éditions en ligne).

Comité scientifique et d’organisation :
Arnaud Bertinet (MCF Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
Juliette Lavie (Docteure de l’Université Paris Nanterre)
Emmanuel Pernoud (Professeur Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
Yvan Poulain (Directeur de l’artothèque de Caen, vice-président de l’ADRA)
Isabelle Tessier (Directrice de l’artothèque de Vitré Communauté, co-présidente de l’ADRA)
Julie Verlaine (MCF Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
Catherine Wermester (MCF-HDR Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
 

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