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Colloque / Lumières sacrées, lumières profanes

dernière mise à jour : 08/11/2019

Colloque

ED441 Histoire de l'art / HiCSA
avec le soutien de la Commission recherche du Conseil académique de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne


Lumieres sacrees, lumieres profanes

18-19 décembre 2019

Galerie Colbert, Salle Vasari
 

sous la responsabilité scientifique de Colette Nativel


La dialectique de la lumière et de l’ombre est, dès l’Antiquité, associée non seulement à la représentation, mais aussi à l’origine de la création artistique et de la réflexion sur l’Art (mythe de la Caverne, mythe de Callirrhoé). Les diverses problématiques véhiculées par ces mythes sont discutées par les penseurs, auteurs et artistes de la première modernité. Si Marsile Ficin insiste sur le lien entre lumière, intellect et sacralité et ouvre la voie à une « luminologie » néo-platonicienne extrêmement féconde pour les arts renaissants, la thématique lumineuse peut aussi s’unir, comme dans la poésie de Tristan L’Hermite, à celle de l’amour profane.
Nous avons pris le parti de placer la problématique de la lumière au cœur des changements - théoriques, scientifiques, techniques et pratiques – qui caractérisent l’époque moderne. Dans le domaine de la peinture, la dialectique du sacré et du profane connaît à l’orée du XVIIe siècle une reformulation radicale avec la «rupture lumineuse» du caravagisme. Selon un nouveau régime de la lumière, aussi étranger à l’esprit de la Renaissance que le devient alors dans le domaine musical la seconda prattica de Monteverdi, lui-même auteur d’un Orfeo à la croisée de deux mondes lumineux, le chiaroscuro des toiles de Caravage permet à la fois de souligner la triviale – mais visible – imperfection de la matière et d’y faire poindre le mystère divin qui la sous-tend. Cette nouvelle conception lumineuse, éminemment oxymorique, est fondatrice de tout un pan de la peinture du XVIIe siècle (Caravagesques néerlandais, Rembrandt, Georges de La Tour...), comme du développement innovant que connaît la gravure, notamment à l’eau- forte (Rembrandt, Callot) et en manière noire (Ribera).
L’« obscure clarté » de ces œuvres, dans lesquelles lumière et ombre s’opposent tout en dialoguant, entretient des liens complexes avec la réflexion sur le christianisme véhiculée par la Réforme et la Contre-Réforme. Artistes et théoriciens des deux courants ont inclus ces variables visuelles dans un discours sur la représentation du visible et de l’invisible. Le pouvoir métaphorique de la peinture dans la révélation de l’invisible à travers la figuration du visible devient une thématique récurrente au XVIIe siècle et valorise la nature fondamentalement ambivalente de la pratique artistique.
Il ne s’agira pas de réduire la problématique lumineuse à la seule question du ténébrisme. Les livres d’emblèmes, les théories scientifiques sur la lumière, l’apparition de l’éclairage public, les débats entre les poussinistes et les rubénistes – partisans du dessin et partisans de la couleur- sont autant d’éléments qui, à divers niveaux, modifient entre les XVIIe et XVIIIe siècles le rapport à la lumière et questionnent sa fonction dans l’articulation entre le profane et le sacré.
Selon quelles modalités la lumière parvient-elle à faire dialoguer ces deux mondes? Quels sont les apports caractéristiques du XVIIe siècle en la matière? Quelle est la nature de la métamorphose que ce siècle opère dans la problématique lumineuse? Quelles en sont, d’une part les origines, d’autre part les conséquences à plus long terme ? S’agit-il d’un phénomène uniforme en Europe ? Quel impact a-t-il sur l’Art ou la pratique artistique du siècle suivant ?
Ces différentes questions, non exhaustives en l’état, nous amèneront à nous situer dans des bornes chronologiques marquées par deux ruptures : d’un côté, la rupture lumineuse qu’opère Caravage avec la Renaissance, de l’autre le passage à la complexe « lumière des Lumières », marquée dans le dernier tiers du XVIIIe siècle par l’avènement d’un nouvel oxymore culturel, celui de la dualité néo-classicisme/préromantisme. Les œuvres et mouvances intellectuelles et artistiques comprises dans ces limites chronologiques donneront l’occasion d’appréhender les enchevêtrements du sacré et du profane dans la peinture. Ces jeux de superpositions visuelles et sémantiques sont particulièrement visibles dans la peinture de genre et dans les vanités néerlandaises. Nous questionnerons cette ambivalence à travers l’étude d’estampes et de gravures, d’architectures et de vitraux, de textiles ...

 

Programme
 

18 décembre 2019



9h30 / Accueil des participants et café

10h00 / Colette Nativel (Professeure, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
Introduction

PEINDRE LA LUMIERE AUX PAYS-BAS
Modératrice Olivia Savatier

10h30 / Sangmin Lee (Doctorant, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
Lumières sur la table dressée : la nature morte monochrome au XVIIe siècle
11h00 / Matthieu Somon (Docteur en histoire de l’art, Université de Louvain-la-Neuve)
La lumière comme outil de composition et d’exégèse chez Rembrandt

11h30 / Pause

MATÉRIALITÉ ET LUMIÈRE
Modératrice Olivia Savatier

11h50 / Roxane Moine (Restauratrice, Atelier des estampes de la BnF)
Lumière et processus de création au XVIIe siècle
12h20 / Romain Thomas (Maitre de conférences, Université Paris-Nanterre)
Lumière et matérialité des œuvres : le cas des Provinces-Unies au XVIIe siècle

12h50 / Pause

LUMIÈRES ET SPIRITUALITÉ
Modérateur Léonard Pouy

14h30 / David Mandrella (Docteur, IESA)
Spiritualité Carmélite et Lumière
15h00 / Carole Fonticelli (Doctorante, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
Lumière allégorique et lumière mystique : le cas des Marie-Madeleine néerlandaises
15h30 Marta Caffiero (Doctorante, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
Lumière évangélique et lumière proverbiale : à propos de l’Adoration des bergers (c. 1650) de Bartolomé Esteban Murillo

16h00 / Pause

HISTORIOGRAPHIE DU CLAIR-OBSCUR
Modératrice Colette Nativel

16h30 / Florent Libral (Docteur, Université Toulouse-Jean Jaurès)
Femmes en clair-obscur dans la poésie française (1615-1668) : entre amour sacré et amour profane
17h00 / Aline Smeesters (Docteure, Université Catholique de Louvain)
La « fantaisie lumineuse » aux XVIe et XVIIe siècles

17h30 / Discussion et fin de la première journée

 

19 décembre 2019


LUMIÈRE ET SPATIALITÉ
Modérateur Jean-Philippe Garric

10h00 / Accueil des participants

10h30 / Stéphane Castelluccio (Chargé de recherche au CNRS)
Lumière profane : s’éclairer au XVIIe et XVIIIe siècle
11h00 / Sarah Moine (Doctorante, Université de Leyde)
Lumière sacrée et lumière profane dans la création des vitraux de la ville de Leyde
11h30 / Christophe Morin (Maitre de conférence, Université de Tours)
Lumière politique dans les écuries de Condé au XVIIIe siècle

12h00 / Pause

LUMIÈRES DE L’ÉTAT
Modératrice Cécile Tainturier

13h30 / Esther Guillaume (Doctorante, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
« Colonne de nuée le jour, colonne de feu la nuit » : images de l’intervention divine dans les Sept Provinces de Guillaume III
14h00 / Nikola Piperkov (Docteur en Histoire de l’art, Chercheur associé CNRS)
Mercure enlevant le voile de l’obscurantisme menaçant l’Église anglicane : une nouvelle lecture du décor de l’escalier du roi au Château de Hampton Court

14h30 / Pause

LUMIÈRES ET SPATIALITÉS MUSICALES
Modératrice Colette Nativel

14h50 / Jean Duron (Chercheur, Centre de musique baroque de Versailles)
Lumières des sons, lumières des timbres dans la musique et la théorie musicale du XVIIe siècle français
15h20 / Vincent Dorothée et Delphine Pinasa
Lumières textiles d’hier et d’aujourd’hui : propos croisés sur les interactions de la lumière et du costume au théâtre dans la première modernité et à l’époque contemporaine
15h50 / Conclusions

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