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Appel à communication / Journée d'étude / La rhétorique de l’anti-subjectivité dans l’art américain

dernière mise à jour : 02/05/2019

Appel à communication

La rhétorique de l’anti-subjectivité dans l’art américain

18 septembre 2019
Galerie Colbert, Salle Vasari

 

Date limite : 30 avril 2019


Equipe organisatrice : Clara Guislain, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et Emilie Robert, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Comité scientifique : Philippe Dagen, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Larisa Dryansky, Sorbonne Université et Erik Verhagen, université polytechnique Hauts-de-France

Journée organisée avec le soutien de l’École doctorale d’Histoire de l’art de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (ED 441) et de l’HiCSA (EA 4100).
 

À la fin des années 1950, l’exaltation de l’Expressionnisme abstrait américain tend à provoquer un déni et/ou un refus de plus en plus marqué de la subjectivité de l'artiste conçue comme source causale ou facteur explicatif de l'œuvre. En réaction à la psychologisation excessive du peintre expressionniste, la génération suivante va répondre par une radicale neutralisation des marqueurs de la subjectivité. Sous l’autorité de l’artiste devenu théoricien et l'influence du modèle linguistique, l’art conceptuel achèvera d’opérer ce décentrement au profit d’une pratique systémique jouant sur le régime de l’objectivité documentaire et d’un factualisme impersonnel. Souvent tautologique et auto-référentielle, l’œuvre n'est plus conçue comme le réceptacle de passions ou émotions personnelles mais comme le reliquat d’un processus préétabli. Détachée des contingences du vécu et de son historicité, elle ne tend plus à exalter le sujet créateur, sa personnalité ou encore son intériorité. Cette mise sous « rature » d'une subjectivité pourvoyeuse de sens s'est durablement imposée comme un filtre de réception entérinant l'opposition entre le sujet psychologique (supposé contingent, privé et a-critique) et l'œuvre (objectivable « sans reste »).

Plus de cinquante ans après la naissance de l’art conceptuel, peut-on encore écrire (et réduire) son histoire selon la dichotomie quasi-manichéenne d’une subjectivité neutralisée au profit d’une objectivité revendiquée ? Les artistes se pliaient-ils strictement à la radicale binarité de ce schéma d'opposition ? Quels sont les réactions, les dépassements et les héritages d’une telle rhétorique dans la création, la critique ou l’enseignement ? Selon quelles modalités cette rhétorique a-t-elle été assimilée ou au contraire subvertie par les artistes dits post-conceptuels ?

Cette journée d’étude sera l’occasion d’interroger et révéler les distensions et paradoxes qui animent l'installation et l’héritage de ce discours de l'anti-subjectivité, et de tenter d’esquisser les limites d’une telle rhétorique. Sans encourager un retour au modèle biographique (de type « l'homme et l'œuvre »), il s'agira toutefois de mettre à jour des approches permettant de relativiser certains schémas de réception qui ont dominé l'histoire de l'art américain. Ce, qu’il s’agisse des discours produits par les critiques ou les artistes eux-mêmes.

Comme l’indiquait Michel Foucault dans « Qu’est-ce qu’un auteur ? » (1969), « il ne suffit pas, évidemment, de répéter comme affirmation vide que l'auteur a disparu. (…) Ce qu'il faudrait faire, c'est repérer l'espace ainsi laissé vide par la disparition de l'auteur, suivre de l'œil la répartition des lacunes et des failles, et guetter les emplacements, les fonctions libres que cette disparition a fait apparaître. »
Les communications seront ainsi autant de manières d’investir ces « failles » désignées par Foucault, afin de proposer des lectures intermédiaires et interstitielles révélant la place, les marques et les apparitions d’une subjectivité dès lors conçue comme excédent, excroissance ou refoulé de pratiques et de discours qui auraient tenté d'en conjurer la manifestation.

Plusieurs approches pourront être considérées. De manière non-exhaustive, nous pourrions compter parmi elles :

- Mise en crise des marqueurs de la subjectivité dans l’art américain
- L’anti-subjectivité, un tropisme américain ?
- Paradoxe de la dépersonnalisation : le mythe d’un art sans sujet
 - Interférences de l’opposition dualiste entre expression et production
 - La rhétorique de l’anti-subjectivité : d’une revendication anti-autoritaire à un discours d’autorité ?
 - Assimilation et/ou remise en cause de cette rhétorique dans l’enseignement et chez les générations post-conceptuelles


Les propositions devront être envoyées avant le 30 avril 2019, sous la forme d’une problématique résumée (entre 3000 et 4000 signes), accompagnée d’un court CV, à l’adresse suivante : journee.antisubjectivite2019@gmail.com

Les réponses seront transmises par le comité d’organisation début mai.

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