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Axes de recherche 2018-2023

dernière mise à jour : 25/09/2018

Axes de recherche 2018-2023

La fabrique de l’œuvre ; Culture visuelle ; Géopolitique de l’art ; Mémoires et patrimoines

Research themes 2018-2023

 



Axe 1 : La fabrique de l’œuvre

On entend ici fabrique à la fois dans son sens littéral, matériel, mais aussi comme un moyen d’étudier l’artiste à l’œuvre, et de penser les liens entre conditions techniques d’une production artistique et lecture poétique de celle-ci. L’une des caractéristiques fortes de l’HiCSA est de réunir des historiens des images et des arts visuels, des historiens de l’architecture et du patrimoine, et des spécialistes des questions de conservation et restauration. Ce qui les lie, précisément, est ce primat accordé à « l’œuvre », à ceux qui la produisent, aux processus qu’ils mettent en jeu, et aux effets induits par cette « fabrique ».

On trouvera donc dans cet axe des programmes portant sur des considérations techniques, voire technologiques :
-  Connaissance des objets : porté par l’équipe CRPBC (conservation, préservation et restauration des bien culturels). Il s’agit de prendre en compte, selon une approche technologique, les outils, gestes, matériaux et procédés de fabrication des œuvres.
- La technologie des papiers asiatiques : Claude Laroque, en partenariat avec Anna-Grethe Rischel du musée national du Danemark et Agnieszka Helman-Wazny de l'université de Hambourg, Michela Bussotti de l'EFEO et Jean-Piere Drège de l'EHESS.
- La fabrique de l’architecture publique (1960-1990) : porté par Eléonore Marantz.

On trouvera également des études de cas plus monographiques, portant sur les processus de créations et la génétique de l’œuvre :
-    Giovanni di Paolo : rédaction et publication d’une monographie sur le peintre siennois du Quattrocento, par Anne-Laure Imbert.
-    Organisation, en collaboration avec l’INA et la BNF, d’une rétrospective sur l’œuvre de la réalisatrice Michelle Porte, accompagnée d’un travail sur les archives de la cinéaste et d’un recueil d’entretiens, projet porté par Sylvie Lindeperg.

Des travaux sur des « figures » de créateur, avec un accent particulier mis sur les questions de redéfinition des catégories génériques :
-    La figure du peintre-photographe, projet porté par Michel Poivert.
-    Marges de manœuvre : projet porté par Emmanuel Pernoud, sur la place de l’hétéronomie chez les peintres issus de l’illustration, aux temps des avant-gardes.

Des études de poétique des œuvres, enfin :
-    Le langage décoratif à la Renaissance : analyse des systèmes décoratifs  (décors pariétaux, stucs, miniatures) . Projet d’un ouvrage collectif réunissant plusieurs historiens de l’art moderne, dont Philippe Morel.

-    Le fond dans la représentation : projet d’Etienne Jollet, de reprise de l’étude d’une des composantes fondamentales de toute représentation, le fond sur lequel se détachent le motif et plus particulièrement la figure.

Axe 2 : Culture visuelle

La question de l’image, de son statut, de ses usages, est devenue lors du dernier quinquennal un axe majeur de notre équipe placée sous le signe des études culturelles et sociales de l’art. L’HiCSA est un laboratoire pionnier en matière d’études photographiques, il est également la seule EA en histoire de l’art à avoir une forte composante dédiée au cinéma et à son approche historienne, il est enfin un laboratoire où la forte présence de l’histoire de l’art de la période contemporaine a été particulièrement propice à une confrontation, intégrant les renouvellements historiographiques récents, entre histoire de l’art, analyse des médiums au-delà de leur spécificité technique (médiologie) et anthropologie des images. Cette approche décloisonnée, qui fait une part importante à la question des dispositifs et plus généralement au lieu d’inscription des images, traverse désormais l’ensemble des périodes et des domaines explorés par nos membres. Il importait donc de lui donner cette visibilité nouvelle, qui est le résultat d’un travail à long terme où se pose aussi la question d’une « iconologie critique ». Soulignons par ailleurs que cet axe de recherches est pensé dans la continuité avec la formation dispensée au sein de notre UFR. En effet nous avons récemment mis en place un cours d’historiographie donné par Sophie Cras, qui porte spécifiquement sur la question de l’image.

-    Programme Imago-Eikon : Anne-Orange Poilpré avec Sulamith Brodbeck (UMR Orient Méditerranée / Resmed). Ce projet entame son deuxième volet thématique en novembre 2017 (jusqu’à la fin 2018). Titre : Histoires chrétiennes en images : espace, temps et structure de la narration. Byzance et Moyen Âge occidental. sous la direction de Sulamith Brodbeck, Anne-Orange Poilpré, Ioanna Rapti (EPHE) et Isabelle Marchesin (INHA).
-    Colloque international : « Cycles bibliques et hagiographiques monumentaux de l’Occident médiéval (Ve-XVe siècle) : mettre en espace l’histoire sacrée », Anne-Orange Poilpré, Anne-Laure Imbert (prévu en 2019).
-    Edition des actes du colloque  « La figure et son lieu dans la peinture des Trecento-Quattrocento, Mnémonique et poétique », par Anne-Laure-Imbert (Paris, Galerie Colbert, 16-17 mars 2017 ).
-    "Images de la Régence" projet porté par Etienne Jollet, avec Valentine Toutain-Quittelier.
-    "L'économie au musée". Ce projet de recherche porté par Sophie Cras se donne pour objectif de fédérer pendant deux ans un collectif de recherche international et pluridisciplinaire pour écrire la première histoire mondiale de l’économie comme objet d’exposition.
-     « L’imaginaire visuel de mai 68 », porté par Michel Poivert, à partir notamment des archives du reporter Gilles Caron.
-    - La Renaissance des origines : comment pense-t-on la genèse, la création, les commencements dans l’art des XVe et XVIe siècles ? Sujet d’un colloque co-organisé par l’université Paris 1 et l’université de Tel Aviv en juin 2018.
-     « Renaissances égyptiennes », une étude du revival égyptien qui caractérisé les quatre siècles qu’on dénomme «temps modernes » (Luisa Capodieci et Etienne Jollet).
-    Phantasmatic Asia : Reconsidérer l’hindouisme, le bouddhisme et le taoïsme dans la pratique, la théorie et l’écriture de l’histoire de l’art des XIXe et XXe siècles. Responsables scientifiques: Judith Delfiner (Université Grenoble Alpes, LARHRA), Gregory Levine (Berkeley University, History of Art Department), Julie Ramos (Université Paris 1, HiCSA). Dates : juin 2018 – juin 2020.
-     « Art et systèmes d’influence. Le paradigme hypnotique de l’art, de Mesmer à nos jours. » Mêlant culture visuelle et archéologie des médias, ce programme porté par Pascal Rousseau, qui s’inscrit  dans la continuité des travaux de Jonathan Crary et Horst Bredekamp, vise à construire un état de l’art et une historiographie des étapes marquantes de cette relecture hypnotique de l’art contemporain (XIXe/XXIe siècles).

Axe 3 : Géopolitique de l’art

Il apparaît aujourd’hui à tous que le champ des arts actuels se confond à peu près avec la planète. Cet élargissement s’accomplit dans un contexte international marqué autant par l’émergence ou la réémergence de revendications de types identitaires et politiques que par des conflits d’une extrême violence et qui ignorent les frontières, comme l’information et les propagandes. Nous pensons donc que les créations actuelles, quels que soient leurs modes d’invention et de diffusion, ne peuvent être comprises hors cette situation. Que les patrimoines de nombreuses régions soient devenus les enjeux et les victimes de tant d’affrontements n’est que le signe le plus visible de cette importance du passé dans les affrontements du présent.
Parmi les projets de recherche, citons, à titre d’exemple de la diversité de nos approches et du souci d’interdisciplinarité qui anime ces travaux :

Primitivisme :
-    Projet de colloque commun Université Paris 1/ Fondation Le Corbusier/Musée du quai Branly-Jacques Chirac sur « Le Corbusier et les arts dits primitifs », développé par Christine Mengin, prévu au printemps 2018.
-    Philippe Dagen poursuit les recherches engagées de longue haleine sur ces questions en participant à différentes expositions  (Los Modernos au Musée des Beaux-Arts de Lyon (décembre 2017-mars 2018), Dada Africa au Musée de l’Orangerie, Paris, (octobre 2017-février 2018) et en achevant un ouvrage sur l’ensemble des « primitivismes », Gallimard, 2018.

Mondialisation :
-    « Patrimoine et tourisme à Tianjin », Christine Mengin participe à l’ANR Patrimondi (pour les enjeux de la « patrimondialisation » ou la fabrique touristique du patrimoine culturel dans la mondialisation : modèles globaux, recompositions identitaires, hybridations), dirigée par Maria Gravari-Barbas.
-    « Mondialisation et émergence de nouvelles scènes de création en Afrique ». Responsable scientifique : Maureen Murphy (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne). Partenaires : INHA, musée du quai Branly, Université d’Abomey-Calavi (Bénin), Université Columbia (New York), Programme Alliance Paris 1 – Columbia. Dates : 2016-2021.

-    "Art, pensée et pratique économiques", programme  initié en 2015 par Sophie Cras en partenariat avec Maggie Cao (University of North Carolina, Chapel Hill) et Alex J. Taylor (University of Pittsburgh).

Géopolitique des images :
-     Le projet Dokest89 : poursuite de ce projet consacré à la mémoire du communisme dans le cinéma documentaire de l’ancien bloc socialiste. Responsable scientifique : Ania Szczepanska en collaboration avec  Nadège Ragaru pour la Bulgarie (Sciences Po Paris), Mila Turajlic pour l’ex Yougoslavie (Université de Belgrade), Monika Talarczyk-Gubala pour la Pologne (Ecole de cinéma de Lodz).
-    Filmer la guerre au Moyen-Orient : entre une confrontation des cultures visuelles et l’affichage de nouvelles représentations communautaires, politiques et symboliques. Ce projet de recherche rassemble des chercheurs travaillant sur les images produites en Syrie et Irak (Agnès Devictor, Paris 1 Panthéon-Sorbonne, HiCSA et Cécile Boex, EHESS, Césor), sur les mobilisations shi’ites (Chiara Calabrese, IREMAM), sur les pratiques religieuses et dévotionnelles shi’ites (Sepideh Parsapajouh, CNRS, Cesor). Ce projet s’inscrit notamment en partenariat avec l’IFRI à Téhéran.
-    Images de la Justice : nazis et collaborateurs en procès dans l’Europe libérée, projet porté par Sylvie Lindeperg, organisé dans le cadre du labex CAP, en collaboration avec la BNF, l’EHESS et avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.
-     « La justice dans l’image » : Sylvie Lindeperg développe également un projet de recherches personnel consacré au filmage de quelques grands procès pour crimes contre l’humanité et génocide.

Territoires de l’art :
-    histoire transnationale du Patrimoine : rédaction d’un ouvrage collectif par Michela Passini (CNRS-IHMC) avec la participation d’Arnaud Bertinet.
-    "Le monument et le sol à l'époque moderne. Les mires géodésiques du méridien de Paris ", projet porté par Etienne Jollet.

Axe 4 : Mémoires et patrimoines

Faire de l’histoire de l’art, c’est non seulement accorder une place centrale à l’étude des œuvres, mais aussi à ce que l’on pourrait désigner comme leurs processus de patrimonialisation. La construction institutionnelle des discours sur les œuvres d’art, par les musées, par la critique d’art, mais aussi par l’histoire de l’art en tant que discipline, sont devenus de grands chantiers de recherche de notre équipe. Les questions ici traitées portent aussi bien sur l’histoire institutionnelle que sur la pédagogie de l’art et sa transmission, mais également sur les instances de patrimonialisation, voire d’artialisation de pratiques n’appartenant pas, originellement, au monde dit des beaux-arts. L’HiCSA, du fait de son rôle dans le Labex CAP, est devenu un laboratoire fortement dédié à l’étude de la relation entre instances de formation et de recherches et instances patrimoniales dans l’analyse, la valorisation, et la préservation des œuvres d’art.

Histoire institutionnelle
-    Les musées en France au XIX° siècle : Arnaud Bertinet en collaboration avec le musée Girodet de Montargis, les musées d'Orléans et les musées d'Angers.
 
Transmission
-    Colloque « Les XIXe siècle à travers les ismes » (30 novembre, 1er décembre 2017), projet collectif co-dirigé par Pierre Wat, Catherine Meneux, François-René Martin, Bertrand Tillier, Sébastien Allard, Danièle Cohn.
-    L’enseignement de l’architecture entre évolution et révolution (1958-1978). Ce projet de recherche, conduit par Eléonore Marantz en collaboration avec Guy Lambert (ENSA Paris-Belleville), Caroline Maniaque (ENSA Rouen) et Jean-Louis Violeau (ENSA Nantes), participe de la préparation d’une exposition « Les années 1968 et l’enseignement de l’architecture » qui sera présentée à la Cité de l’architecture et du patrimoine (Paris), de mai à août 2018.
-    Le groupe de recherche « Théâtres de la mémoire » (Sylvie Lindeperg) poursuivra ses travaux sous la forme d’un atelier annuel (ou bi-annuel). Celui de l’année 2017-2018 portera sur le thème de « L’aveu filmé ».
-    Un grand chantier se met en place sur une historiographie de la photographie en France depuis 50 ans à partir des collections nationales d’État (Cnap, Bnf…), ce projet mené par Michel Poivert sera une collaboration avec les institutions et leurs responsables ainsi qu’avec les éditions Textuel, pour les 4 années prochaines.
-    Connaissance des idées et des pratiques de la préservation des biens culturels : la composante CRPBC cherche à saisir dans quelle mesure la transmission patrimoniale constitue un acte critique : la question revient à examiner comment les modalités de cette transmission – la restauration, la conservation, la reconstruction – en un temps et un lieu donnés sont déterminées par les acteurs et l’objet, tant dans sa matérialité que dans ses valeurs. Cette approche interroge nécessairement la dimension mémorielle du patrimoine.

Processus de légitimation et patrimonialisation
-    Les critiques d’art : approches quantitatives et prosopographiques.  Responsables scientifiques : Marie Gispert, Catherine Méneux.
-    La critique gastronomique en France : textes, images, réseaux et supports. Frédérique Desbuissons, avec Julia Csergo (Université du Québec à Montréal/Université Lyon II). - Colloque international Food porn : des représentations alimentaires entre esthétique et idéologie.


Pour conclure, nous voudrions insister sur le caractère structurant de ces axes non seulement en termes de présentation de nos recherches, mais aussi en termes de gouvernance et d’animation de la recherche au sein de l’HiCSA. En effet, des porteurs d’axes ont été choisis, qui ont participé à la rédaction de ce projet, et qui seront en charge d’un suivi de notre bilan et de notre programmation afin, lors d’assemblées générales annuelles, de nous permettre d’analyser de façon précise l’évolution de notre stratégie de recherche, et de lui donner régulièrement les infléchissements nécessaires.


 

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