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Actes journée d'études / La Parodie

dernière mise à jour : 05/02/2013

LA CONSCIENCE PARODIQUE
Art et réflexivité,  XIXe-XXe siècles

 

 

Journée d'études du 25 juin 2008

 

Organisée par Cathrine Wermester et Bertrand Tillier

 


En 1962, dans Feu pâle, Nabokov écrit que la parodie est le « dernier ressort de l’esprit ». On saisit d’emblée toute l’ambiguïté d’une pratique et de son statut : forme ultime et dégradée de ce qui ne serait que pastiche ou plagiat ou, au contraire, forme suprême et raffinée de jeux intellectuels ? Art de la citation d’une œuvre source et de sa transformation, la parodie, parce qu’elle a des effets comiques, ludiques ou satiriques, est souvent confondue avec la satire ou la caricature dont elle partage l’aspiration à la dénudation. Cette proximité lui vaut une réputation négative, l’assimilant à une supercherie, un simulacre, une mauvaise copie due à un esprit supposé médiocre, envieux et stérile. Contre-chant, la parodie se construit en effet en regard d’une œuvre antérieure, dont Aristote a souligné la nécessaire grandeur qui, comme telle, doit être destituée. Longtemps, jusqu’à l’époque classique, tout chef-d’œuvre eut sa parodie. Car la parodie sanctionne et consacre dans le même temps, sur un mode toujours paradoxal : se moquer en admirant, s’identifier en se démarquant. De cette tension toujours active naît précisément l’inflation parodique de la modernité du XIXe siècle et des avant-gardes du XXe, jusqu’aux derniers avatars de l’art actuel. Loin de condamner l’obsolescence de ses modèles par un simple procédé de citation comique, la parodie révèle et actualise les chefs-d’œuvre menacés de panthéonisation, au risque parfois de les galvauder ou même de les épuiser jusqu’à l’effacement. Mais à ce jeu-là, la temporalité longue du chef-d’œuvre peut aussi avoir raison d’une parodie souvent stimulée et conditionnée par une actualité la vouant à l’éphémère. Elle est hommage et reconnaissance, mais sur le mode du travestissement burlesque. C’est dans cet écart que résident l’acuité et l’inventivité du parodiste qui, loin d’être un parasite, initie des processus de réflexivité et de recréation en manipulant par exagération, inversion et détournement une construction élue. Mêlant le familier et l’inédit, la reconnaissance et la surprise, l’érudition et la farce, la parodie parfois perçue comme l’expression d’une contre-culture, est en fait un jeu pour initiés entre un producteur et un récepteur - le spectateur parodique, nécessairement doté d’une culture et d’une mémoire lui permettant d’apprécier des signaux, de décrypter des codes et d’identifier des formules, dans la mesure même où la parodie procède du déjà-vu et du second degré.
 

 

 Sommaire




Images du diable et parodie au début du XIXe siècle

Yves Gagneux

 

Variations contemporaines autour des Caprices de F. Goya

Sylvie Acheré


Erro à dessein

Marie-Laure Gabriel

 

Martial Raysse, Made in Japan : pastiche, parodie, maquillage

Juliette Betron

 

Quelles possibilités de parler de parodie dans l’art conceptuel ? Le cas particulier de Jacques Charlier et de Jacques Lizène  au début des années 1970

Laurence PEN

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